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Chronique des médias

«Bien entendu, c’est on»

Audio 02:31
Le président français Emmanuel Macron lors de la conférence de presse donnée aux journalistes présents pour son voyage officiel à Beyrouth, le 1er septembre 2020.
Le président français Emmanuel Macron lors de la conférence de presse donnée aux journalistes présents pour son voyage officiel à Beyrouth, le 1er septembre 2020. Gonzalo Fuentes/Pool via AP

L’admonestation par Emmanuel Macron du journaliste du Figaro, Georges Malbrunot, à Beyrouth, témoigne de ses relations difficiles avec la presse.

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« Bien entendu, c’est off ». En 2003, le journaliste Daniel Carton publiait un livre où il dépeignait les relations entre les journalistes politiques et le pouvoir. Des relations faites d’une certaine convergence d’intérêt où le journaliste en arrivait à garder pour lui certaines choses afin de conserver la confiance du gouvernant.

Un système qui a explosé à la fin 2016 lorsque Gérard Davet et Fabrice Lhomme publient Un président ne devrait pas dire ça. Les deux journalistes du Monde disent alors tout de François Hollande, y compris qu’il a autorisé quatre assassinats ciblés. Emmanuel Macron, son ministre de l’Économie, prend alors en horreur ce système de connivence qui ne fait pour lui qu’abaisser la fonction.

Tout relève du contrôle du président

Quatre ans après, c’est tout le contraire qui régit la relation de l’Élysée à la presse. « Bien entendu, c’est on », pourrait-on dire. Tout relève du contrôle du président. Tout, y compris la façon dont il enguirlande un reporter chevronné du Figaro. « Irresponsable », « non-professionnel », dit-il. On peut deviner les raisons du courroux : Georges Malbrunot a évoqué un aparté avec le chef de l’État et la menace de sanctions contre certaines parties prenantes qui ne joueraient pas le jeu au Liban.

On pense à des membres du Hezbollah et au gel de certains flux financiers. La raison diplomatique étant loin du temps médiatique, Macron y a vu le risque de braquer le « parti de Dieu » et ses alliés, « l’exigence sans ingérence », qui est sa feuille de route, ressortant un peu écornée…

Un coup d’éclat d’Emmanuel Macron avec la presse qui n’est pas isolé

« Inacceptable » a déclaré ensuite Malbrunot tout en ajoutant qu’il s’en était expliqué avec l’Élysée et que l’incident était clos. Pourtant, le journaliste a été mis en cause pour sa « déontologie ». C’est assez violent même si, en la matière, seuls des professionnels de l’information sont juges. Il faut dire que Macron n’en est pas à son premier coup d’éclat avec la profession.

En 2017, ce sont d’abord des journalistes de médias russes, RT, Sputnik, qui ne sont pas autorisés au parti, puis à l’Élysée, ou à des sommets. Ce sont ensuite des rubricards spécialistes de la défense qui sont choisis par l’Élysée pour accompagner le président au Mali. Puis c’est la grande défiance née de l’affaire Benalla, les sorties contre les « simili-journalistes » lors des manifestations de « gilets jaunes ».

Depuis l’arrivée de Joseph Zimet, le conseiller communication de l’Élysée, ce sont enfin des déplacements de Macron dans des hôpitaux, comme à Marseille pour rencontrer Raoult, qui se font sans journalistes ni caméra. Seuls suivent les moyens de captation de l’Élysée pour un Facebook Live ou une vidéo officielle. Bien entendu, c’est on !

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