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Nouvelles technologies

Les cyber-cochons de Neuralink

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Des puces biocompatibles ont été expérimentées sur les cerveaux de trois cochons.
Des puces biocompatibles ont été expérimentées sur les cerveaux de trois cochons. Getty Images/ Joern Pollex

Avec sa société Neuralink, qui produit des implants neurologiques souples et biocompatibles, Elon Musk le dirigeant de Tesla et de SpaceX, a l’intention d’interfacer totalement nos cerveaux aux systèmes numériques. Dépression, douleur, maladies neurodégénératives, paralysie et facultés mentales augmentées, les premiers dispositifs de connexions ont été expérimentés sur les cerveaux de trois cochons cobayes, suscitant au passage l'indignation des défenseurs des animaux et le scepticisme des scientifiques.

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Neuralink, fondée en 2017 par Elon Musk, est une société spécialisée dans les implants neurologiques. Lors d’une conférence en ligne, il vient de dévoiler un premier prototype avec l’intention de fabriquer en série dès l’année prochaine, les versions humaines de ces dispositifs qui seraient, selon le milliardaire, capables de redonner la parole aux victimes d’AVC (accident vasculaire cérébral) ou la mobilité aux personnes handicapées.

Ces puces biocompatibles ont été expérimentées sur les cerveaux de trois cochons, notamment celui de Gertrude qui semble être devenue la mascotte de la société. Le dispositif se compose de plusieurs faisceaux d’électrodes dix fois plus minces qu’un cheveu humain qui ont été profondément implantés dans l’encéphale des animaux. Ils effectuent un « lien neuronal » complet entre différentes zones du cerveau et des puces électroniques, afin de capter un maximum d’ondes cérébrales.

« Comme une montre connectée dans votre crâne »

L’opération chirurgicale pour fixer les implants a été réalisée par un robot conçu par Neuralink, qui réalise des entailles ultra-précises par laser dans une boîte crânienne. Un module de transmission par onde radio achemine les données à un ordinateur. « C’est comme une montre connectée dans votre crâne », s’est enthousiasmé Elon Musk. La vidéo de démonstration montre Gertrude qui trottine sur un tapis roulant, le groin plongé dans une mangeoire disposée devant elle.

Sur l’écran de contrôle s’affichent ses signaux neurologiques qui sont analysés en temps réel par l’ordinateur. Un programme informatique est chargé de prédire quels influx nerveux vont déclencher les muscles de l’animal. Mais comme dans la fable des Trois petits cochons, il y a forcément un loup, et même plusieurs !

Les doutes de la communauté scientifique

De nombreux scientifiques doutent de l’intérêt de cette expérience, rappelant que chaque cerveau a une structure unique et fonctionne selon un schéma qui lui est propre. Par ailleurs, l'association américaine PETA, qui milite contre les expériences sur les animaux de laboratoire, accuse Elon Musk, « d'exploiter des porcs intelligents et sensibles, qui ne se sont pas portés volontaires pour la chirurgie ».

L’administration de la santé aux États-Unis rappelle que passer du cyber-cochon à l’homme augmenté, prendra un certain temps. À moins que vous ne désiriez finir comme Gertrude, le groin dans une gamelle, à galoper sur un tapis roulant.

Vous avez des questions ou des suggestions ? Vous pouvez nous écrire à nouvelles.technologies@rfi.fr

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