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Reportage international

Inde: à Bangalore, la vie reprend alors que la pandémie explose

Audio 02:35
Dans le quartier de Church Street, connu pour ses nombreux bars.
Dans le quartier de Church Street, connu pour ses nombreux bars. Côme Bastin /RFI

Double urgence en Inde où la pandémie explose alors que le PIB s'effondre. Les autorités tentent de contrôler la situation sanitaire tout en relançant l'économie. À Bangalore, les métros, les chantiers et les bars ont rouvert mais les médecins s'inquiètent du nombre croissant de malades.

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Dans les couloirs du grand hôpital Jain de Bangalore, le docteur Chadha est inquiet. Le nombre de personnes infectées ne cesse d’augmenter. 

« Depuis deux mois, les patients sont de plus en plus nombreux dans cet hôpital, dit-il. Aujourd’hui, nos 40 lits équipés de respirateurs sont quasiment tous occupés. Nous essayons d’ouvrir un deuxième bloc pour les malades. Cela m’inquiète, parce que nous n’avons même pas encore atteint le pic de l’épidémie. »

Une économie à genoux

Deuxième pays le plus infecté au monde, l’Inde compte 4,5 millions cas de coronavirus. Mais dans le même temps, l’économie Indienne est à genoux. Sur la période avril-mai-juin, le PIB s’est rétracté de 23,9%. Dans le secteur de la construction, la chute est de 50%.

Promoteur immobilier, Kishore Jain justifie la reprise des activités : « Le secteur de la construction est le deuxième employeur d’Inde après l’agriculture. À Bangalore, la majorité des ouvriers travaillent dans ce secteur. Ces personnes ont besoin d’une activité économique pour nourrir leur famille. Les ouvriers sont donc revenus de leurs villages. Aujourd’hui, nous avons retrouvé 70% de notre niveau de main-d’œuvre d’avant le confinement. Bien sûr, ce travail se fait dans le respect des mesures sanitaires ».

Métro vide et bus bondés

La reprise des transports est assez chaotique. Il faut faire la queue vingt minutes et passer deux contrôles de température pour entrer dans un métro quasi vide. 

Mais dans la rue, les bus sont bondés. L’obligation de n’occuper qu’un siège sur deux a été supprimée… au motif qu’elle n’était pas respectée.

 

Sur la célèbre rue Church Street, les bars se remplissent après six mois de fermeture. Une première cliente témoigne : « Cela fait du bien de retrouver un peu de liberté. Dans les bars, ils essaient de faire respecter la distanciation physique. Mais dans Bangalore, on ne prend plus vraiment de précautions. Certaines personnes ne portent plus de masques, ne se lavent plus les mains et ne respectent plus les distances ».

Près de 100 000 cas par jour

Cette ouverture économique participe de l’importante hausse de la pandémie en Inde. Directeur du bloc de soins intensifs Covid-19 de l'hôpital Jain, le docteur Farouk se veut rassurant par téléphone. Les hôpitaux ne sont pas débordés. « C’est vrai qu'on a de plus en plus de malades. Mais le taux de mortalité à Bangalore est à la baisse, explique-t-il. Il est aujourd'hui de 1,4%. Et 80% des patients que nous recevons sont asymptomatiques. Nous les renvoyons alors en quarantaine chez eux. Par ailleurs, la moitié des lits des hôpitaux privés sont désormais réservés aux patients du Covid. »

Un nombre de cas qui explose, mais une mortalité faible : ces observations se retrouvent dans tout le pays. Dans cette Inde déconfinée, chaque jour, on frôle les 100 000 cas supplémentaires.

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