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Reportage international

Au Royaume-Uni, la pandémie vide la City de Londres

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Une vue du quartier presque vide de la City à Londres près de la station de métro Bank, le 4 septembre 2020.
Une vue du quartier presque vide de la City à Londres près de la station de métro Bank, le 4 septembre 2020. REUTERS/Toby Melville

À Londres, la City traîne des pieds pour revenir au bureau. Avec la fin des vacances d'été et la réouverture des écoles, le gouvernement britannique disait s'attendre à un retour massif dans les quartiers d'affaires désertés à cause de la pandémie de nouveau coronavirus. Mais en vain, au grand dam des commerçants et restaurateurs qui suppriment des emplois et s’inquiètent pour leur survie future. Le reportage de  notre correspondante dans la City, le quartier des affaires de Londres.

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Fantomatique au plus fort de l’épidémie, la station Bank, au cœur de la City, reste étrangement vide en cette rentrée et n’a pas retrouvé ses allures de fourmilière. Dans les rues alentour même atmosphère : à l’heure du déjeuner, les employés viennent s’acheter un sandwich mais ne s’attardent pas, laissant cafés et restaurants désœuvrés, comme le gérant de ce restaurant indien, sur le pas de sa porte : « C’est très calme… On offre 10% de réduction sur notre menu, mais les clients ne viennent pas. À la cuisine, d’habitude ils sont six, mais là ils ne sont plus que trois et on attend… »

Un peu plus loin, la vendeuse d’une chaîne de papeterie d’ordinaire bondée, mais aujourd’hui déserte, s’inquiète elle aussi : « Avant c’était toujours très chargé ici, mais les clients ne viennent plus. Les gens travaillent chez eux maintenant et ça devient pire chaque jour, ce n’est pas bon pour le commerce ! »

Au siège du Centre pour la recherche économique et commerciale, Josie Dent qui suit au jour le jour le taux d’occupation des bureaux, dit avoir observé un regain de mobilité parmi les millions d’employés dont les enfants sont rentrés à l’école. Mais contrairement à d’autres capitales européennes, près de la moitié d’entre eux continuent à bouder leurs bureaux à Londres : « Londres est une ville qui oblige à de longs et coûteux trajets alors que dans les autres capitales les employés paient moins cher et passent moins de temps dans les transports. On s’est aussi aperçu que les gens étaient tout aussi voire plus productifs chez eux qu’au bureau parce qu’ils sont moins distraits. »

Et il est vrai que les employés rencontrés dans la City admettent avoir pris goût au télétravail.
Une jeune femme : « C’était bien, oui, j’ai vraiment apprécié de pouvoir travailler chez moi mais je crois que c’est bien de trouver un équilibre entre le télétravail et le bureau parce que c’est important d’avoir ses collègues autour et de pouvoir se motiver. »

Son collègue : « On n’avait pas cette flexibilité avant, ça, ça a changé et je suis très pour. C’est clair qu’il y aura peut-être à l’avenir moins de gens dans la City… Ce qui serait une bonne chose pour prendre un verre à la sortie du bureau ! »

Mais si les employés apprécient cette relative tranquillité, les commerçants – eux- sont très inquiets surtout à l’approche de la fin du programme d’aide financière du gouvernement. Alors que les économistes évaluent le manque à gagner pour les commerces locaux entre 180 et 260 millions d'euros chaque mois, de nombreuses enseignes réduisent leurs effectifs voire ferment leurs magasins. Et les demandes se font de plus en plus insistantes pour prolonger ces aides et éviter de voir le taux de chômage exploser.

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