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Reportage international

Irak: le gouvernement veut confisquer les armes illicites pour mettre fin aux violences

Audio 02:35
Une rue de Bagdad après des heurts entre les forces de sécurité irakiennes et des civils, en juillet 2020. (Image d'illustration)
Une rue de Bagdad après des heurts entre les forces de sécurité irakiennes et des civils, en juillet 2020. (Image d'illustration) AHMAD AL-RUBAYE/AFP

En Irak, de violents affrontements intertribaux ont eu lieu ces dernières semaines. Deux personnes ont été tuées et 17 autres blessées à Bagdad, la capitale. Ces conflits interviennent alors que le Premier ministre irakien a déjà du mal à faire respecter l'état de droit et à placer les milices sous une chaîne de commandement centrale. La violence de ces incidents a incité le ministère de l'Intérieur à lancer une opération pour arrêter les auteurs et confisquer les armes à feu illicites, qui abondent sur le marché noir depuis 2003.

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Dans le quartier de Husseiniya el Maamel, au nord-est de Bagdad, Shaker et son frère Saleh regardent d'un air abattu leur centre commercial. Du moins ce qu'il en reste. Les structures métalliques, qui servaient autrefois de charpente, jonchent aujourd'hui pêle-mêle un sol carbonisé encore fumant.

Shaker, en chemise manches courtes et pantalon de costume, tente encore de comprendre comment un conflit entre sa tribu et celle voisine a pu mener à ce résultat. « Nous avons appris que la maison de notre frère, juste à côté, avait été attaquée, alors on a accouru, et quand on est arrivés ici, il y avait des tirs et des hommes armés sur le toit. Et puis, cinq ou dix minutes après, notre centre commercial, juste à côté, a été incendié », racontent-ils.

Les deux frères contournent le centre commercial et s'enfoncent dans la maison attaquée ce soir-là. « Regardez, des impacts de balles. Au final, on a dû venir récupérer la maison avec les forces de sécurité ».

Shaker fait défiler les vidéos de l'intervention sur son téléphone portable. On y voit des véhicules blindés des forces de sécurité irakiennes qui avancent par dizaines dans la nuit éclairée de Bagdad. Puis des tirs, par centaines cette fois, qui résonnent dans tout le quartier.

État faible

D'autres opérations lancées par les forces de sécurité ont eu lieu dans le sud du pays, pour confisquer les armes illicites et mettre fin « au crime organisé ». En Irak, près de 7,6 millions d’armes seraient détenues par des civils selon le site d’informations GunPolicy, ce qui explique en partie que l’Irak soit l'un des pays les plus dangereux au monde.

Une réalité sanglante que Mohammed Kadhem, un voisin de Shaker, ne connaît que trop bien. Il a perdu son fils de 29 ans dans le conflit entre les deux tribus rivales. Assis chez lui, à même le sol, vêtu d'une dishdasha blanche, la longue tunique des hommes en Irak, il réclame justice. « Notre tribu se vengera. Il y a eu deux morts et deux blessés chez nous. Si les tribus ne s'assoient pas et ne trouvent pas de solution, il y aura un gros problème », prévient-il.

Dans la culture tribale, la loi du Talion domine. Pour Mohammed, elle n'existe que si l’État est faible. « Tant que l'État est faible, il n'y a pas de solution, estime-t-il. Si l'État avait le contrôle des armes et qu'il n'y en avait pas chez les gens, rien de tel ne se passerait. Ils se disputeraient simplement dans la rue et c'est tout ».

Dès sa prise de fonction, le Premier ministre irakien Mustafa al Kadhimi s'est engagé à confisquer les armes illicites en Irak. Un défi de taille, dans un pays où ces armements sont majoritairement détenus par de puissantes tribus ou milices.

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