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Reportage France

Exode urbain: le monde d'après serait-il celui de la campagne?

Audio 02:32
En France, le confinement aurait accéléré le départ des citadins vers les campagnes.
En France, le confinement aurait accéléré le départ des citadins vers les campagnes. CC0 Pixabay/Christel Sagniez

Selon une récente étude de Cadremploi, 83% des cadres parisiens envisagent de quitter la capitale. Changement climatique, logements hors de prix... Certains ont décidé de sauter le pas et de déménager à la campagne. Le confinement aurait d'ailleurs accéléré cet exode urbain.

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Benjamin est un citadin pur jus. Né à Paris, il a vécu toute sa vie dans la capitale. À la mi-mars, l’annonce du confinement tombe. Le trentenaire et sa compagne décident alors de partir chez un oncle, à une heure et demie de Paris. En pleine campagne, ils vivent ce qui était encore un lointain fantasme.

« J’ai eu la chance de passer, je crois, le meilleur confinement de France. Le chemin que j’avais commencé à faire il y a des années s’est vraiment accéléré, parce que j’ai pris un goût très intense à cette vie. De façon très naïve, j’étais très séduit à l’idée de me connecter à la nature, de débroussailler, de brûler des bois morts, de planter, d’arroser… », explique-t-il.

« J’avais déjà conscience que l’on pouvait télétravailler »

Le couple se met en quête d’une maison et ils finissent par acheter dans un village à quelques kilomètres de leur lieu de confinement. Coût de leur trouvaille : 175 000 euros, l’équivalent d’un petit studio parisien. Le lieu, lui, est immense. Incomparable avec leur appartement parisien de 46 mètres carrés.

Côté travail, Benjamin est documentariste. Il peut facilement travailler de chez lui. « À titre personnel, j’avais déjà conscience que l’on pouvait éventuellement travailler en télétravail. Je le faisais déjà dans le cadre de mon activité. Le fait que ce soit imposé comme cela a été le cas pendant ces semaines de confinement… » Il est interrompu par le vacarme urbain d’un carrefour parisien composé de bus, scooters, voitures. « Voilà. C’est l’une des raisons qui m’a poussé à quitter Paris parce que je sais que dans l’endroit où je vais, a priori, je les retrouverai beaucoup moins souvent », dit-il en souriant.

Le piège d’une campagne idéalisée

Ce désir de retour à la terre, Claire Desmares-Poirrier l’a expérimenté. Elle le raconte dans un livre sorti début septembre, Exode urbain, manifeste pour une ruralité positive. Désormais agricultrice en Bretagne après dix ans à la ville, elle explique que s’installer à la campagne n’est pas nécessairement « partir élever des chèvres dans le Larzac ».

► À écouter aussi Campagnes françaises: objectif repeuplement

« L’emploi agricole représente seulement 10% de l’emploi rural. C’est vraiment dérisoire par rapport à toutes les fonctions dont on a besoin. On a besoin d’enseignants, de soignants, de commerçants, d’artisans. On peut se projeter dans une vie à la campagne avec plein de parcours de vie différents ; et tout à fait, en dehors de l’image d’Épinal, la folklorisation : le fait de présenter les néoruraux comme des hippies ou zadistes. C’est aussi un moyen pour que les gens ne puissent pas se projeter. En fait non, il y a autant de parcours de vie, de parcours d’exodes urbains qu’il y a de candidats à l’exode », insiste-t-elle.

Certains de ces néoruraux peuvent tomber dans le piège d’une campagne idéalisée, mais c’est bien le travail qui reste le premier frein au départ. Les 13 plus grandes métropoles françaises concentrent toujours la moitié des offres d’emplois.

Pour aller plus loin :

L’enquête de Cadremploi : Le confinement, déclic pour quitter Paris ?

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