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Chronique des matières premières

L’Europe va devoir importer plus de sucre

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La betterave sucrière.
La betterave sucrière. AFP

Le lancement calamiteux de la campagne betteravière en France l’illustre très bien : l’Europe va manquer de sucre en 2020-2021. Et les 27 vont devoir importer davantage d’Amérique latine, voire d’Afrique.

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Les deux géants français du sucre Tereos et Cristal Union l’ont annoncé : avec des rendements de betterave en chute libre, moins 10 à moins 50% selon les régions - du fait de la sécheresse et des invasions de pucerons, qui n’ont pas été détruits cette année par les néonicotinoïdes -, le volume de la récolte betteravière devrait être amputé de 15% sur tout le territoire. La France est le premier producteur de sucre de betterave en Europe. Le Vieux continent « va devoir importer davantage de sucre pour équilibrer son bilan », confirme Timothé Masson, en charge des marchés à la Confédération générale des planteurs de betteraves joint par RFI : 2,6 millions de tonnes, contre 2 millions de tonnes en 2019-2020, soit 30% de plus.

L’Afrique du Sud fournit déjà l’Europe

Le sucre produit en Afrique prendra-t-il le chemin de l’Europe ? C’est déjà le cas et par plusieurs itinéraires. D’abord l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et l’Afrique du Sud permet au pays d’Afrique australe d’expédier un contingent sans droits de douane de 150 000 tonnes, et ce sera à nouveau le cas cette année. Par ailleurs les Pays les moins avancés peuvent expédier sans droit de douane, et sans contingent, du sucre vers l’Europe.

Plus de sucre des PMA d’Afrique et d’Asie si les prix sont attractifs

Maurice a ainsi expédié 200 000 tonnes l’an dernier, Eswatini, nouveau nom du Swaziland, encore plus, loin devant le Mozambique 50 000 tonnes, le Malawi 20 000 tonnes et la Zambie 10 000 tonnes. Tous ces pays pourraient en théorie exporter davantage en Europe, de même que les Pays les moins avancés asiatiques, comme le Cambodge et le Laos. Encore faudra-t-il que le prix offert par l’Europe soit suffisamment attractif pour eux, sinon ils resteront positionnés sur leur marché régional, africain ou asiatique.

Brésil, Amérique centrale et andine : grands gagnants sur le marché européen

C’est le sucre d’Amérique latine qui devrait le plus abondamment répondre à la demande européenne. Le Brésil, premier exportateur mondial de sucre, bénéficie d’un contingent plus important depuis l’élargissement de l’Union européenne : 750 000 tonnes. Il est fort à parier qu’il profitera de la compétitivité accrue que lui donne la faiblesse de sa monnaie, le real, pour exploiter ce contingent au maximum.

Parallèlement l’Amérique centrale et andine -Colombie, Guatemala, Pérou, Panama- gagne d’année en année des parts de marché en Europe depuis 2014 et la signature des accords de libre-échange avec l’UE. L’an dernier déjà, cette région d’Amérique exportait 280 000 tonnes, l’équivalent d’une grosse sucrerie européenne, souligne Thierry Masson. Une sucrerie et demi, si l’on ajoute les Pays les moins avancés d’Amérique latine que sont Belize et le Guyana.

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