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Reportage international

Les hydrocarbures au cœur des tensions entre la Turquie et la Grèce

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Un navire turc déployé en Méditerranée orientale, au centre de tensions entre la Turquie et la Grèce qui se disputent cette zone potentiellement riche en gaz naturel (image d'illustration).
Un navire turc déployé en Méditerranée orientale, au centre de tensions entre la Turquie et la Grèce qui se disputent cette zone potentiellement riche en gaz naturel (image d'illustration). REUTERS/Murad Sezer

Le Conseil européen de ce jeudi 1er octobre aborde notamment le sujet de sanctions contre la Turquie. La Grèce les demande depuis des semaines. En cause essentiellement, les recherches menées par la Turquie en août et début septembre dans les eaux territoriales grecques en Méditerranée orientale : Ankara réclame en effet sa part de la manne d’hydrocarbures présente dans cette zone à quelques kilomètres de ses côtes. Mais les sujets de disputes sont multiples.

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Sur le port de l’ile de Chios à 11 kilomètres des côtes turques, les reproches contre les bateaux du pays d’en face pleuvent en pagaille. Incursion dans les eaux territoriales mais aussi surpêche, Dimitri kalimanas pêcheur depuis trois générations. « Les Turcs sont vraiment des gens très durs Leurs bateaux viennent dans les eaux territoriales grecques avec des bateaux de pêche énormes interdits par l’Union européenne qui détruisent les fonds. »

Dans cette région de la Méditerranée orientale, les deux pays se disputent désormais moins les poissons que les ressources enfouies profondément sous les eaux. Les recherches d’hydrocarbures dans cette zone, qu’elles soient grecques ou turques, sont en tout cas nocives pour l’environnement, disent les ONG.

Dimitris Ibrahim est porte-parole de WWF Grèce. « A cet endroit la mer est très profonde, dans le sud-ouest du Péloponnèse, on trouve même le point le plus bas de la Méditerranée, à plus de 500 mètres de profondeur. L’écosystème y est très riche, c’est une région reconnue comme extrêmement importante pour les mammifères de la mer. Il y a notamment une orque. Pour ce cétacé très sensible au bruit, la recherche sismique a un impact très négatif. »

Baleines, dauphins, tortues, phoques, le bruit de la recherche désorganise la vie des mammifères, plus que ça même, « une baleine sourde est une baleine morte » disent les biologistes et tout ça pour des revenus encore très hypothétiques juge-t-on chez WWF. « Par exemple pour la région de la Crête, nous toucherons un pourcentage sur la valeur de la production. Dans tous les contrats c’est très clair : ça sera un montant entre 4 et 16% de la valeur de la production. Donc les entreprises vont toucher jusqu’à 96% des revenus ! Et la Grèce le reste. Et ça, si et quand il y aura de l’extraction d’hydrocarbures pour la Crète si tout va bien, ça sera après 2030. »

Dans ce pays qui doit encaisser le choc de la pandémie après des années d’austérité, tout nouveau revenu même lointain reste encore un espoir, même si les recherches avant de potentiels futurs forages ont lieu au milieu d’îles très visitées, Corfou, la Crête; le tourisme pèse 20% du PIB grec.

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