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Aujourd'hui l'économie

La crise de la dette: le cauchemar qui hante l’Afrique

Audio 04:03
Le président Edgar Lungu (c), ici en campagne à Lusaka le 10 août 2016.
Le président Edgar Lungu (c), ici en campagne à Lusaka le 10 août 2016. GIANLUIGI GUERCIA / AFP

Faut-il redouter une crise de la dette sur le continent africain ? La question préoccupe de nombreux États, effarés par les déboires financiers de la Zambie. Un pays aujourd’hui au bord du défaut de paiement.

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La semaine dernière, ses créanciers privés, des fonds européens et américains, détenant 40% de la dette levée sur les marchés ont refusé tout net le sursis de six mois souhaité par Lusaka pour honorer les intérêts des emprunts contractés entre 2012 et 2015, quand l'économie du cuivre, sa principale source d'exportation promettait une croissance dynamique. On verra dans une semaine, le 14 octobre, si la Zambie est capable de rembourser l'échéance due. Son économie est exsangue. Le deuxième exportateur mondial de métal rouge subit de plein fouet la crise économique provoquée par la pandémie et paie aujourd’hui chèrement son surendettement. Car la dette zambienne était déjà astronomique avant le début de la pandémie, supérieure à 11 milliards de dollars, soit l'équivalent de 88% de son PIB. La situation de ce pays d’Afrique australe donne des sueurs froides aux ministres des finances des autres pays africains surendettés. Ils redoutent l'effet domino et réalisent que les prêteurs privés seront de redoutables négociateurs en cas de défauts.

40% de la dette publique du continent

Ces fonds privés détiennent 40% de la dette publique du continent, le FMI et la Banque mondiale, 27%. Ces acteurs ont prêté pour gagner de l'argent et ils ne s’en laisseront pas conter. Pour accepter un moratoire en Zambie, ils veulent une information complète et claire sur la dette publique, et en particulier sur l’encours de la créance chinoise: quel est son montante exact ? 30 ou 40% du montant total de la dette ? Difficile de faire le tri entre les annonces faites et ce qui a été réellement décaissé. Et quelles sont les contreparties promises en coulisses en cas de défaut? Pas question pour les fonds d’être moins bien traités que Pékin. Une revendication qui va revenir en boucle et en boumerang en cas de crise de la dette. La Chine, l’un des premiers créanciers du continent, a largement contribué au surendettement de plusieurs pays, particulièrement les mieux dotés en matières premières. Comme l’Angola, le Mozambique, la République Démocratique du Congo, le Gabon. Tous ces pays sont sur la liste des plus vulnérables dressée par l’agence de notation Fitch. 16 pays africains étaient en situation de surendettement en 2019. Dans une note publiée la semaine dernière la directrice du FMI appelle elle aussi à plus de transparence. Sans citer la Chine, Kristalina Georgievia suggère que tous les créanciers, aussi bien officiels que privés bénéficient de conditions comparables en cas de restructuration sur la base d'une présentation transparente de toutes les dettes contractées par le débiteur.

Une trentaine de pays africains ont demandé le moratoire d'une année proposé dans le cadre du G20. Ce répit écarte la menace du défaut ?

Il donne d'abord aux États des moyens financiers pour assumer les dépenses urgentes de santé et de relance économique, c'est sa vocation. Cette initiative du G20 a bien sûr une incidence positive sur la dette des États africains. Elle a fait baisser la tension sur les taux, le risque d'un défaut s'éloigne, d'autant plus que le moratoire pourrait être reconduit une année supplémentaire. Et cela profite aux fonds qui rechignent pourtant à participer à l'effort collectif. La dette est moins rentable, mais les remboursements sont devenus plus sûrs pour ces bailleurs privés.

EN BREF

Les Chinois actuellement en vacances pour leur congé annuel d'une semaine ont retrouvé le goût des voyages. Pendant les 4 premiers jours de cette semaine d'or où les Chinois ont l'habitude de dépenser et de circuler, déjà 425 millions d'entre eux sont partis, souvent dans leurs familles, d'après les chiffres fournis par le ministère du tourisme. L'achat de billets représente à ce jour 80% du niveau de 2019 pour trip.com, le plus grand portail chinois de voyage.

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