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Le monde en questions

Regain de tension dans le Haut-Karabakh

Audio 03:07
L'artillerie arménienne attaque des positions azerbaïdjanaises dans le Haut-Karabakh, le 4 octobre 2020.
L'artillerie arménienne attaque des positions azerbaïdjanaises dans le Haut-Karabakh, le 4 octobre 2020. Armenian Defense Ministry via AP

Cette semaine, Le monde en questions s'intéresse au conflit qui oppose depuis le 27 septembre l’Arménie et l’Azerbaïdjan au sujet de l’enclave arménienne du Haut-Karabakh. Peut-on espérer une issue politique et diplomatique à ce conflit qui ressurgit dangereusement dans le Caucase du Sud ?

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Hé bien ce ne sera pas simple. Une trêve dans ces combats très violents entre soldats azerbaidjanais et troupes séparatistes et arméniennes sera la bienvenue. Devant cette escalade qui constitue les affrontements les plus graves depuis qu’un cessez-le-feu a été établi en 1994, les diplomates tentent de faire négocier entre elles les deux parties.

Pour mieux comprendre l’impasse actuelle, il faut remonter le temps. Car le Haut-Karabakh, c’est la triste histoire d’une région montagneuse rattachée de force dans les années 1920 à la nouvelle république socialiste de l’Azerbaïdjan, au grand dam de l’Arménie, qui était elle aussi sous le joug soviétique. La décision avait été prise par un certain Staline. Et c’est ainsi que cette enclave, peuplée en grande majorité d’Arméniens chrétiens, fut incrustée au sein d’un territoire où dominent les Azerbaidjanais musulmans.

Durant presque 70 ans, l’Arménie réclama en vain le retour du Haut-Karabakh dans son escarcelle. Il fallut attendre la pérestroïka puis l’effondrement de l’URSS pour que les choses changent : voyant l’Azerbaïdjan et l’Arménie déclarer leur indépendance, les Arméniens du Haut-Karabakh décidèrent de faire de même. Mais leur geste ne fut jamais reconnu par la Communauté internationale.

L’Azerbaïdjan, hier comme aujourd’hui, estimant être dans son bon droit, et ne pas pouvoir tolérer une sécession illégale, envoya des troupes. La guerre du Haut-Karabakh, au début des années 1990, fut meurtrière – 30 000 morts. Elle s’acheva au profit des Arméniens, qui réussirent à conquérir des territoires autour du Haut-Karabakh. Et un cessez-le-feu en 1994. Ni paix, ni guerre. Conflit gelé.

Depuis, nous en sommes là. Et régulièrement, des escarmouches ou des affrontements plus graves éclatent – comme en avril 2016, durant quatre jours.

Mais cette fois, le conflit semble plus important et plus complexe. Plus important, car l’animosité entre les Arméniens et les Azerbaidjanais semble plus forte, l’engagement militaire plus lourd.

Plus complexe, car d’autres puissances se mêlent des affaires du Caucase. Et d’abord la Turquie, qui, sous l’égide du président Erdogan, par proximité culturelle avec Bakou, soutient militairement et politiquement l’Azerbaïdjan. En face, la Russie, qui, avec la France et dans une moindre mesure les États-Unis,  a conservé des liens politiques et économiques avec les deux pays, tente de trouver une solution et d’apaiser la situation.

D’où son implication diplomatique forte ces dernières heures. Car pour Moscou, hors de question de voir s’embraser le Caucase qui est en quelque sorte son arrière-cour. Pas question non plus de laisser trop de marge de manœuvre à la Turquie dans cette zone.

Quant à une paix pérenne, ce sera compliqué à obtenir dans cette affaire, on est face à un cas d’école de conflit entre le droit international – favorable à l’Azerbaïdjan, et le droit à l’autodétermination – favorable aux Arméniens du Haut-Karabakh.

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