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Revue de presse Afrique

À la Une: cet appel au boycott du processus électoral en Côte d’Ivoire

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L'opposition n'a pas obtenu le retrait de la candidature d'Alassane Ouattara (photo). Ainsi, Henri Konan Bédié et Pascal Affi N'Guessan, ont appelé au «boycott actif» de l'élection.
L'opposition n'a pas obtenu le retrait de la candidature d'Alassane Ouattara (photo). Ainsi, Henri Konan Bédié et Pascal Affi N'Guessan, ont appelé au «boycott actif» de l'élection. SIA KAMBOU / AFP
Par : Johanne Burgell
10 mn

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La campagne électorale à peine lancée Henri Konan Bédié et Pascal Affi N’Guessan ont appelé leurs militants et sympathisants au « boycott actif » du processus électoral du 31 octobre prochain.

« Ils n’ont pas obtenu, "comme ils le réclament depuis de longues semaines", nous dit l’Obsertateur Paalga, le retrait de la candidature jugée inconstitutionnelle d’Alassane Ouattara, la remise à plat du Conseil constitutionnel et de la Commission électorale indépendante (CEI) et l’ouverture de pourparlers entre les différentes chapelles politiques pour un scrutin consensuel et apaisé. »

Mais l’Observateur s’interroge : « Les conférenciers d’hier se sont gardés de donner un contenu concret au boycott actif, se contentant de dire tous les moyens légaux. Cela sera-t-il suffisant pour éviter des violences pré- et post-électorales dans un pays qui a déjà enregistré des dizaines de morts depuis la déclaration de candidature pour un 3e mandat du locataire actuel de la résidence de Cocody ? Il faut craindre, en effet, que chacun ait sa propre grille de lecture de l’adjectif qualificatif "actif" avec tous les risques de dérapage qu’on peut imaginer aisément. »

Des inquiétudes

« Va-t-on réveiller les vieux démons ? Il faut malheureusement craindre que oui. Le risque est d’autant plus grand que chaque camp semble camper sur sa position. Ce n’est un secret pour personne que le président Ouattara qui croit dur comme fer que tout est déjà plié, ne reculera pas d’un iota. Et Le Pays qui ajoute « De son côté, même hétéroclite, l’opposition ne veut, pour rien au monde, concéder un troisième mandat à Alassane Ouattara. Autant dire que tous les ingrédients sont désormais réunis pour un affrontement. »

Alors « ce sont les populations qui risquent de payer le prix fort. La Côte d’Ivoire a mal à sa classe politique et c’est bien dommage. Tout se passe comme si la crise post-électorale de 2011 qui aura fait plus de trois mille morts, n’a pas servi de leçons », conclu Le Pays.

Une médiation encore possible entre Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié

« Le patron du PDCI laisse la porte ouverte aux discussions avec le chef de l’État » assure Jeune Afrique. « Henri Konan Bédié s’est rendu pour deux jours à Accra le 12 octobre à bord d’un avion de la République du Ghana. Il était accompagné de proches, parmi lesquels Jean-Marie Kacou-Gervais. Cet ancien ambassadeur de la Côte d’Ivoire en France a été le ministre des Affaires étrangères de Laurent Gbagbo et d’Alassane Ouattara. »

Selon Jeune Afrique « l’intervention de Nana Akufo-Addo a permis un contact téléphonique direct entre les deux hommes. Le premier depuis de longs mois. »

Même si « L’intervention ghanéenne n’est pas parvenue, pour le moment, à favoriser un compromis entre Bédié et Ouattara. Le premier est favorable à un report de l’élection, tandis que le second, inflexible, y reste opposé. Ouattara est cependant prêt à former un gouvernement d’ouverture et à réformer la CEI dans l’optique des élections législatives, qui doivent se tenir dans les six mois qui suivent. »

En Guinée, à trois jours du scrutin présidentiel

Le premier ministre Ibrahima Kassory Fofana reconnait des « insuffisances ». Il était l’invité de l’émission On refait le monde, sur les antennes de Djoma Media. Le site d’information guinéen Ledjely raconte cette intervention « le chef du gouvernement et directeur de campagne du président Alpha Condé, candidat à un troisième mandat, a avoué certaines "insuffisances palpables" que son équipe n’a pas pu évincer aux cours de ces dernières années de gestion. Il s’agit notamment de la lutte contre la corruption et de l’épineuse question des infrastructures routières. Des choses qu’il entend faire l’une de ses priorités si le président Alpha Condé est réélu à l’issue de la présidentielle du dimanche. »

À en croire Ibrahima Kassory Fofana, il n’a pas été suffisamment soutenu dans sa politique de lutte contre la corruption. « Quand j’ai abordé la question de poursuites… il y a eu des partis politiques qui ont levé le doigt pour dire que c’est injuste, c’est une chasse aux sorcières », a dit le chef du gouvernement guinéen.

Il estime cependant que ce n’est pas encore trop tard. « C’est une question qui doit être réglée quel que soit le gouvernement [mis en place] demain. Et je n’ai pas la prétention de vous dire [que j’ai réussi], mais disons qu’il n’y a pas eu un mouvement d’ensemble, une volonté d’ensemble pour attaquer le sujet. »

Et la diaspora guinéenne ?

Les Guinéens de France ne pourront vraisemblablement pas voter ce dimanche 18 octobre. Selon Abdoulay Bah, président de la Coordination des associations guinéennes de France qui a suivi de près ce dossier, c’est la crise sanitaire qui empêche la tenue des élections. Dans la diaspora des 45 000 Guinéens, on estime que cette excuse permet avant tout de « museler » l’expression de ces citoyens de l’étranger.

Le Monde Afrique nous dresse le portrait d’Oury, qui manifeste régulièrement à Paris contre un nouveau mandat d’Alpha Condé. Oury qui a fui son pays en octobre 2017 : « Son père qui avait manifesté avec l’opposition a été arrêté et jeté en prison. Trois mois plus tard, il est mort derrière les barreaux », raconte-t-il.

Oury, qui fait partie des 4 000 Guinéens qui ont fait une demande d’asile selon l’Office français de l’immigration et de l’intégration… C’est même la deuxième nationalité à demander l’asile en France, juste derrière les Afghans

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