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Revue de presse française

À la Une: comment vivre avec le couvre-feu?

Audio 04:57
Le président français Emmanuel Macron, ici à Paris le 6 octobre 2020.
Le président français Emmanuel Macron, ici à Paris le 6 octobre 2020. AP Photo/Lewis Joly
Par : Johanne Burgell
10 mn

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C’est sans doute la question que tout le monde se pose, ou en tout cas les 20 millions de Français concernés par la mesure qui entre ce vendredi 16 octobre à minuit.

Un couvre-feu entre 21h et 6h du matin, dans 9 métropoles, dont Paris. Alors oui, « comment vivre avec ? » C’est la question posée en Une du Parisien.

C’est une sorte de manuel pratique de survie que nous donne le quotidien et une infographie, qui nous explique les 5 déplacements autorisés : « Pour aider un proche, pour des raisons de santé, pour le travail, pour des raisons de transports, si votre train ou avion arrive après 21h, ou encore pour sortir son chien ! Et il faudra dans ces cas-là une attestation. »

Le Parisien propose l’interview du professeur Michel Lejoyeux

Il nous rassure « il ne faut pas nier le caractère traumatisant de ces contraintes, mais l’accepter. Je serais d’ailleurs inquiet que les gens n’aient pas de réaction face à la conjoncture actuelle nous dit le psychiatre Lejoyeux. Il nous conseille, de prévoir, deux trois fois par semaine, une activité agréable… même s’il ne recommande pas nécessairement les apéros virtuels », étant aussi professeur d’addictologie.

La difficile question de l’organisation

S’adapter ! C’est le défi à relever pour de nombreuses entreprises qui doivent évaluer les conséquences financières du couvre-feu et décider de s’organiser. Ou pas. La Croix nous donne l’exemple du restaurant étoilé de Lille, Rozo. Il a annoncé qu’il fermerait ses portes pendant toute la période du couvre-feu. « Nous avions deux services le midi et deux le soir, dont l’un commence à 21 heures », explique la copropriétaire du Rozo.

Ce dédoublement palliait en partie la baisse du nombre de couverts induite par la distanciation physique : 20 à 25 au lieu de 36. « Ce n’est pas viable économiquement de perdre un service le soir, d’autant que l’addition moyenne est bien plus importante au dîner qu’au déjeuner », dit la restauratrice.

S’adapter aussi dans le monde de la culture… Julien Poncet, directeur du Comédie Odéon de Lyon, petit théâtre privé qui vit exclusivement de ses recettes, va annuler ses représentations de 21 heures pour ne maintenir que le spectacle de 19 heures

« Il dure 1 h 30, les spectateurs pourront-ils rentrer chez eux à temps ?, s’interroge-t-il. Aujourd’hui le public est là, mais va-t-il continuer à venir avec la menace de se faire verbaliser sur le trajet du retour ? » Une demande soutenue par la Fédération des exploitants de salles de cinéma.

C’est dur d’avoir 20 ans en 2020

Le Figaro revient sur cette phrase du président Macron… et sur ce qu’il nomme la colère froide des jeunes.

« La jeunesse, cette population qui depuis le confinement a connu le lycée à distance, le bas sans examen, et une rentrée étudiante pas vraiment à la hauteur. Des jeunes qui se sentent injustement accusés de propager le virus en toute inconscience » détaille Le Figaro. « Et à partir de ce soir, ce sera sur leur vie sociale nocturne que les jeunes devront faire une croix. »

Et Théo 18 ans, a trouvé la parade : « On ira chez les gens avant 21h et on restera dormir. »

Et en respectant la recommandation de 6 personnes maximum demande Le Figaro ? « Ah non vraiment pas »… répond Théo, il « flotte un vent de révolte chez ces 16-25 ans qui commencent à trouver le temps long ».

Perquisitions

« Le pouvoir dans la seringue », titre Libération. Avec des ministres au creux de la première vague. Hier matin, Édouard Philippe, Olivier Véran, Agnès Buzyn et Sibeth Ndiaye ont été perquisitionnés : « Ils sont susceptibles d’être condamnés pour abstention de combattre un sinistre. »

« Le télescopage relève du pur hasard de calendrier mais l’opération judiciaire, d’une ampleur inédite, est venue brusquement court-circuiter la communication présidentielle » lance Libération.

Sujet abordé aussi dans son édito : « Même l’actuel premier ministre, Jean Castex, pourrait finir par être ciblé par les juges de la Cour de justice de la République, accusé d’avoir "navigué à vue" après son arrivée à Matignon en juillet. »

Et ce coup de théâtre intervient pour lui au pire moment, alors que ses atermoiements depuis le déconfinement le poussent aujourd’hui à prendre des mesures drastiques pour tenter d’enrayer la flambée des contaminations.

Des décisions qui doivent être efficaces

Dans ce contexte, pour La Charente Libre, le sort en est jeté : les décisions du gouvernement n’ont plus d’autre choix que d’être efficaces.

« Comme Jules César en guerre contre Pompée, Emmanuel Macron a franchi à son tour le Rubicon dans la bataille contre le covid », nous dit La Charente Libre dans son édito.

« Avec de telles restrictions, que les Français sont majoritairement prêts à suivre, la responsabilité des citoyens ne pourra pas non plus être mise en cause. »

Le quotidien qui revient sur ces propos d’Emmanuel Macron mercredi soir,  avant nous étions des individus libres, avec la pandémie, nous devenons des citoyens solidaires ».

« Nous voilà donc prêts - ou obligés - de mettre à nouveau sous cloche une part de cette liberté au cœur de notre démocratie pour défendre notre sécurité sanitaire. » Et La Charente Libre de conclure : « Il faut aujourd’hui espérer que la phrase de Benjamin Franklin, père fondateur des États-Unis, ne soit plus d’actualité et ne nous fasse pas plonger dans une double défaite : "Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité finit par perdre les deux." »

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