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Revue de presse française

À la Une: jour de deuil

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L'hommage rendu devant l'école où travaillait le professeur d'histoire décapité, samedi 17 octobre 2020, à Conflans-Sainte-Honorine, au nord-ouest de Paris.
L'hommage rendu devant l'école où travaillait le professeur d'histoire décapité, samedi 17 octobre 2020, à Conflans-Sainte-Honorine, au nord-ouest de Paris. AP Photo/Michel Euler

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« Jour de deuil » : c’est le grand titre de la Marseillaise. L’hommage national à Samuel Paty assassiné vendredi dernier devant son collège a lieu en effet ce mercredi, après une marche blanche hier sur les lieux du drame en sa mémoire.

Ce soir, elle ne sera pas dans la cour d’honneur de la Sorbonne - elle est cas contact : Brigitte Macron, l’épouse du président, ancienne professeur de français, a tenu à adresser ces quelques mots à Samuel Paty. Une lettre publiée ce matin par le Parisien dans laquelle elle s’adresse directement au professeur : « Être prof, c’est repérer une lueur que l’on a pu allumer dans les yeux des élèves, c’est être heureux quand vous les avez fait réagir à ce qui vous émeut ; c’est avoir de l’ambition pour eux et leur ouvrir les portes car celles de l’esprit et de la connaissance sont infinies, c’est développer leur esprit critique pour les rendre libres. Tout cela, Samuel, vous le saviez, et mieux encore, vous l’incarniez. »

Le Parisien poursuit : « à l’occasion de cet hommage à la Sorbonne, le chef de l’Etat s’adressera lui aussi au corps enseignant dans son discours. 'Il en profitera aussi pour rappeler tout ce qui a été fait ces derniers jours dans la lutte contre l’islam radical. Il va faire passer des messages', précise un conseiller. En déplacement hier à Bobigny, le chef de l’Etat a d’ailleurs rappelé que les actes allaient s’intensifier dans les prochains jours. Manière de répondre à ceux qui lui reprochent de beaucoup parler et de ne pas en faire assez. »

Notre devoir à tous

Alors, « cette cérémonie d’hommage est le marqueur du rejet de l’obscurantisme, pointe Ouest France. C’est le moment de réaffirmer avec force que l’instruction, les connaissances et la culture ne sont pas réservées à quelques-uns qui guideraient un peuple d’ignorants. Au contraire, dans le monde tel que nous le concevons, l’instruction forme le substrat de la société. En s’en prenant à un professeur, c’est à la République que l’on porte atteinte. »

Et Ouest France de lancer un appel général : « tout le monde attend que l’État agisse pour mieux protéger l’Éducation nationale. Il est effectivement de sa responsabilité de préserver ce pilier de la République. Mais il est aussi de notre devoir à tous de nous dresser aux côtés des enseignants et des directeurs d’établissement pour les soutenir dans l’exercice de leur mission, il en va de l’avenir de nos enfants et de notre société. Que les enseignants ressentent un sursaut d’engagement de notre part ! »

La fin de l’omerta !

« Pourtant, le problème ne date pas d’hier, soupire Le Figaro : au début des années 2000, les inspecteurs généraux de l’Education nationale prennent la plume : emmenés par Jean-Pierre Obin, ils décrivent combien il est devenu difficile d’enseigner quand l’obscurantisme, la violence et l’inculture se sont emparés des cerveaux. Mais qui s’en soucie ? Le rapport décrit si bien l’embarras, l’évitement ou la peur qui saisit les adultes devant l’offensive islamiste qu’il finit, déplore le journal, dans les limbes de l’Éducation nationale. C’est bien à cette sorte d’omerta nourrie de multiples dénis et parfois de complaisance, conclut Le Figaro, qu’il faut aujourd’hui mettre fin. »

L’impact des réseaux sociaux

« Quelles doivent être les priorités des années à venir ? », s’interroge Libération. « L’éducation devrait figurer au top niveau si l’on considère que les enfants et ados d’aujourd’hui produiront la société de demain. Et l’on ne peut concevoir que celle-ci ne respecte pas ces valeurs de la République que Samuel Paty s’employait à enseigner à ses élèves et pour lesquelles il a été sauvagement assassiné. Des valeurs qui paraissent évidentes à beaucoup mais qui sont de plus en plus difficiles à enseigner dans un monde toujours plus clivé et individualisé, dans lequel les réseaux sociaux emportent tout, telle une vague, sur leur passage.  »

Justement, rebondissent Les Dernières Nouvelles d’Alsace, « l’assassinat de Samuel Paty est le sombre rappel du porte-à-faux dans lequel se tiennent les réseaux sociaux : ils restent en marge du droit au respect des personnes quand il s’agit de gérer des messages agressifs. Car le modèle économique des plates-formes ne va pas spontanément vers la censure de colères et d’indignations connues pour doper l’audience. Il faut pour cela que les autorités de régulation fassent les gros yeux de manière répétée, et encore. (…) Si la liberté d’expression doit être protégée, l’impunité que lui accordent certains canaux n’est plus défendable. »

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