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Revue de presse française

À la Une: le choc en France après l’attentat jihadiste qui a fait trois morts dans une église de Nice

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Le président Emmanuel Macron s'est rendu sur les lieux de l'attentat en compagnie du maire de Nice, le 29 octobre 2020.
Le président Emmanuel Macron s'est rendu sur les lieux de l'attentat en compagnie du maire de Nice, le 29 octobre 2020. REUTERS/Eric Gaillard/Pool
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« Nice : la barbarie islamiste se déchaîne contre la France », lance Le Figaro. « La spirale de la terreur », enchérit Libération. Pour le quotidien catholique La Croix, un seul credo : « Tenir ». Entre le terrorisme et le coronavirus, la France est « sous une chape de plomb », s’alarme en Une Le Parisien.

Voilà pour les titres. Alors ? Alors Le Figaro s’enflamme.

« Assez », lance en Une ce quotidien conservateur ! « Ce n’est pas à nous d’abjurer, c’est aux ennemis de la France, où qu’ils soient, endogènes et exogènes, de plier. Il convient donc de mieux contrôler l’immigration, d’expulser tous les étrangers radicalisés et de maintenir hors d’état de nuire les nationaux présumés dangereux. Ils sont plusieurs milliers, dénombre Le Figaro. Mais il est aussi impératif de combattre sans répit toute l’arrière-cour qui porte l’islamisme en bandoulière. Et là, ce sont des centaines de milliers d’individus qui mettent la charia au-dessus des règles de la République. Regarder l’ennemi en face est l’affaire de tous », bûcheronne Le Figaro.

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À cela s’ajoutent d’autres informations à caractère anxiogène. Dans la région de Lyon, centre-est de la France, le journal Le Progrès rapporte ainsi qu’un Afghan « armé d’un couteau » a été arrêté près de la gare de Lyon-Perrache. Et ce quotidien régional fait état de « tensions extrêmes » entre communautés turque et arménienne à Décines, près de Lyon.

De son côté, la presse qui est proche de la gauche du spectre politique français tente une fois encore de canaliser cette indignation. Attention, prévient ainsi Libération, le plus grand danger serait de « voir la France, où vit une importante communauté musulmane, se diviser sur la question de l’identité et de la religion, ouvrant un boulevard aux extrêmes, ce que cherchent précisément les islamistes. Il serait irresponsable, dans un monde instable voire inflammable, de laisser se diffuser le poison de l’intolérance, du rejet et de la haine, martèle Libé. Tout dirigeant politique qui s’y risquerait porterait une lourde responsabilité dans la suite des événements. »

Un nouveau Conseil de défense est convoqué ce matin

Oui, car la France est « attaquée », lance le quotidien économique Les Échos, en reprenant en Une les mots du président Macron hier à Nice.

La France est « ciblée par la fureur islamiste », complète Le Figaro. Ce quotidien souligne que « longtemps exogène, la menace terroriste qui pèse sur la France est aussi devenue endogène. À de nombreuses reprises, les lieux de culte chrétiens ont été visés par les islamistes dans les pays musulmans. Mais aujourd’hui ils sont aussi devenus des cibles en France, comme le rappelle l’attentat à Notre-Dame de Nice. Et comme l’avait déjà montré l’assassinat du père Hamel, égorgé par un djihadiste dans son église de Saint-Étienne-du-Rouvray en 2016. », rappelle Le Figaro, en déplorant que, face à cette menace et dans son combat contre le terrorisme islamiste, « la France a toujours manqué d’alliés ».

Alors oui, nouveau conseil de défense ce matin, car la tuerie de Nice appelle une « réponse politique immédiate », explique Libération. Lequel journal souligne que, pour le président français, c’est « le cauchemar, encore. Après avoir dû se résoudre à replonger le pays dans un confinement qu’il voulait éviter "à tout prix", Emmanuel Macron doit encore faire face à la terreur islamiste. »

Dans un contexte de colère d’une partie du monde musulman envers lui, Libé le souligne : « Aucun président de la République n’aura eu à affronter autant (de crises gravissimes) simultanément : les crises sanitaire et économique d’une ampleur inouïe viennent se conjuguer avec les crises sécuritaire et diplomatique ».

On le mesure donc, Emmanuel Macron est coincé comme jamais un président français ne l’a auparavant été

Le président français voit s’ouvrir sous ses pas un « piège politique », explique le journal Le Parisien. Car dans une France sous la « double chape de plomb » du coronavirus et du terrorisme, « les Français attendent protection et efficacité », souligne ce quotidien.

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Or hier, plusieurs ténors politiques français ont réclamé des lois d’exception pour lutter contre le terrorisme, quitte à remettre en cause la protection de certaines libertés individuelles, souligne ce journal, en citant les exemples du maire de Nice Christian Estrosi, qui, sur les lieux mêmes de l’attentat d’hier, a demandé que la France « s’exonère des lois de la paix » ou de la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen, qui a réclamé hier que la France se dote d’une « législation de guerre ».

« C’est un piège », explique au Parisien un conseiller ministériel. En mettant dans la tête des gens que, « pour les protéger, il faut renoncer à l'état de droit, ils nous mettent en difficulté. (…) Parce que, du coup, quoi qu'on fasse, on aura l'air laxiste, alors qu'on est, en fait, responsables et attachés à l'état de droit. »

Depuis minuit, c’est donc fait, la France entière est de nouveau sous cloche. Et les Français approuvent.

Selon un sondage Odoxa pour Le Figaro et France Info, sept Français sur dix se montrent « favorables » au reconfinement. Lexique sondagier que Le Figaro préfère traduire d’une formule : « les Français se résignent au reconfinement ». Nuance.

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