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Chronique des médias

La modération des plateformes dans le viseur

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les géants du web ne peuvent plus se dédouaner de leur responsabilité. La Commission européenne, qui prépare pour décembre une loi sur les services numériques, a déjà fait savoir que les plateformes devront coopérer avec les régulateurs.
les géants du web ne peuvent plus se dédouaner de leur responsabilité. La Commission européenne, qui prépare pour décembre une loi sur les services numériques, a déjà fait savoir que les plateformes devront coopérer avec les régulateurs. CC0 Pixabay/LoboStudioHamburg

La modération des réseaux sociaux et des plateformes en ligne est de plus en plus interrogée et critiquée par les citoyens et le pouvoir politique.

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Le tweet a été retiré, le compte même supprimé, mais le message de l’ancien Premier ministre malaisien a eu le temps de faire le tour du monde sur Twitter. « Les musulmans, y disait-il, ont le droit d’être en colère et de tuer des millions de Français pour les massacres du passé ». À 95 ans, Mahathir Mohamad a été par deux fois Premier ministre de Malaisie, pendant une période de 24 ans, et ce jusqu’en février dernier. Il était donc suivi par 1,3 million de personnes sur le réseau social. Il a fallu l’intervention de Cédric O, le secrétaire d’État français au Numérique, pour que Twitter procède à la suppression de son compte, alors même que son message génocidaire était jusque-là maintenu avec un avertissement.

C’est dire toute la difficulté qu’éprouvent les plateformes internet à réguler les messages incendiaires d’appel à la haine. Une chercheuse américaine, Sarah T. Roberts, vient de publier en français Derrière les écrans, un livre dans lequel elle explique que les Facebook, les Twitter ou les Instagram nous vendent la vision d’une modération automatisée à partir de mots-clés et de machine learning. En réalité, dit-elle, « c’est un doux rêve » vendu au public « pour réduire la pression autour de la modération ».

15 000 modérateurs chez Facebook

Car pour retirer les messages les plus violents en tenant compte du contexte, de l’humour ou de l’ironie éventuelle, il faut toujours un œil humain. Sur Facebook, on trouve ainsi une armée de 15 000 modérateurs qui doivent supporter de voir le pire dans des conditions éprouvantes. Il leur faut à la fois censurer ce qui franchit les bornes de l’acceptable et laisser passer ce qui peut choquer mais relève de la liberté d’expression et permet de capter du temps de cerveau disponible chez l’internaute.

Parfois, on l’a vu pendant la campagne américaine, la modération devient un véritable censeur éditorial. Les patrons de Twitter et Facebook ont ainsi été convoqués par les sénateurs républicains pour avoir bloqué un article du New York Post qui faisait état de prétendus mails d’Hunter Biden, le fils du candidat démocrate, à propos de ses affaires en Ukraine. La visibilité de l’article avait été réduite car les deux plateformes ne croyaient pas à la véracité de ces mails.

Ce qui est sûr, c’est que les géants du web ne peuvent plus se dédouaner de leur responsabilité. La Commission européenne, qui prépare pour décembre une loi sur les services numériques, a déjà fait savoir que les plateformes devront coopérer avec les régulateurs, fournir des informations sur leurs algorithmes et dire aux utilisateurs comment marche leur système de recommandation de contenus et leur modération.

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