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Reportage international

Covid-19: peu de mesures obligatoires, des recommandations, la Suède maintient sa stratégie

Audio 02:23
Des clients déjeunent dans un fast food à Stockhom, le 12 novembre 2020, en Suède.
Des clients déjeunent dans un fast food à Stockhom, le 12 novembre 2020, en Suède. Fredrik Sandberg/REUTERS

La Suède est aussi touchée par cette deuxième vague, même si elle est pour l’instant moins haute que dans d’autres pays en Europe. Ce pays, qui n’a jamais confiné sa population, ni recommandé l’usage du masque, reste cependant sur la même ligne. Peu de mesures sont obligatoires et les autorités se contentent de donner des recommandations. Mais comment celles-ci sont suivies par la population ? Ont-elles un véritable impact sur l’épidémie ? Reportage de notre correspondant à Stockholm.

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- « Gardez vos distances, ça c’est la priorité. »
- « Si on tousse, ou au moindre symptôme, on doit rester à la maison. »
- « Je vis en banlieue et normalement je vais en ville tous les jours, maintenant c’est une fois par semaine. »

Ces recommandations, répétées sans cesse à la télévision, et qui visent avant tout à rappeler les règles d’hygiène et à limiter les déplacements, les Suédois les connaissent presque par cœur. Elles s’appuient sur une loi, l’incitation à les respecter est très forte.

Mais comme il n’y a pas de sanctions, sont-elles réellement suivies ? Si l’on en croit Kristofer Agren, analyste chez Telia, opérateur télécom qui fournit des données sur les mouvements de population grâce la position des téléphones portables, la réponse est oui : « A la mi-mars, après les premières recommandations, le nombre de trajets effectués en Suède a diminué en moyenne de 20%. Depuis cet été, on observe ça dans toutes les régions. »

Face à la deuxième vague, les autorités ont permis à chaque région de donner leurs propres recommandations, en sommant les habitants de ne pas rencontrer d’autres personnes, ou d’éviter les lieux clos. Quand ces conseils renforcés ont été annoncés à Uppsala, il y a trois semaines, le résultat a été presque immédiat.

Anders Tegnell est épidémiologiste en chef : « Plus de gens télétravaillent, c’est 20% à 25% en plus. Les achats dans les commerces ont diminué de 40 à 50%, la première semaine. Il y a beaucoup de données qui nous disent que les gens suivent très largement nos conseils  »

Pour l’historien Lars Trägårdh, cette discipline des Suédois peut être attribuée à la religion protestante, qui insiste sur la responsabilité individuelle, mais aussi aux habitudes d’une société très organisée, très structurée, basée sur la confiance :
« Dans notre contrat social il n’y a pas des sujets passifs qui attendent les instructions de l’Etat, mais plutôt une relation de réciprocité avec des citoyens qui sont capables de prendre leurs responsabilités. On n’a pas besoin de policiers pour nous dire quoi faire car on a ce policier en nous, assis sur notre épaule, qui nous parle à l’oreille. »

Ces derniers jours, la Suède a annoncé de nouvelles règlementations, obligatoires celles-ci : les tablées dans les restaurants sont limitées à 8 personnes, la vente d’alcool va être interdite à partir de 22h00. Mais tant que le système de santé permet d’endiguer l’épidémie, les autorités n’envisagent toujours pas de confiner la population.

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