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Chronique des matières premières

La Niña et la Chine font grimper les prix des céréales et des oléagineux

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La Niña est de retour et c’est ce phénomène météo qui crée la flambée que l’on observe sur les marchés des céréales et des oléagineux depuis le milieu de l’année 2020 (image d'illustration).
La Niña est de retour et c’est ce phénomène météo qui crée la flambée que l’on observe sur les marchés des céréales et des oléagineux depuis le milieu de l’année 2020 (image d'illustration). REUTERS/Ueslei Marcelino

Hausse des cours du maïs, du blé, du soja…, les prix agricoles mondiaux s’envolent au moment même où la crise économique liée au Covid réduit le pouvoir d’achat de nombreux consommateurs. En cause dans cette inflation alimentaire : les achats massifs de la Chine et le retour d’un phénomène climatique, la Niña.

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La Niña est de retour et c’est ce phénomène météo qui crée la flambée que l’on observe sur les marchés des céréales et des oléagineux depuis le milieu de l’année. A l’inverse du Niño, la Niña augmente la pluviométrie en Asie, ce qui perturbe la production d’huile de palme, dont les cours augmentent. En revanche la Niña assèche le continent américain et l’Europe.

La Niña menace la production de maïs en Amérique

Et là, c’est principalement le maïs qui en pâtit. La production a été révisée à la baisse de 40 millions de tonnes aux Etats-Unis, par rapport au mois d’avril, et de 10 millions de tonnes en Ukraine, également gros exportateur mondial. « C’est, souligne Michel Portier, directeur de la société de conseil Agritel, un vrai changement d’équilibre dans le bilan mondial du maïs », qui entraîne dans son sillage tout le complexe des céréales et des oléagineux. Le blé est au plus haut depuis 2014, le soja depuis 2016.

Alors que la Chine procède à des commandes record

D’autant que la Chine commande des quantités record de grains. « C’est l’autre grosse surprise du commerce agricole mondial cette année, estime l’expert. La demande chinoise explose. Alors que Pékin avait établi un quota d’importation de 7 millions de tonnes de maïs au printemps, ce sont 13 millions de tonnes qui devraient rejoindre les ports chinois selon le département américain à l’agriculture, et jusqu’à 25 millions de tonnes »selon Agritel et d’autres analystes indépendants. La Chine est l’un des seuls pôles de croissance au monde actuellement, elle stocke du maïs pour reconstituer son cheptel porcin.

Rétention de blé russe au moment où les appels d’offres se multiplient

A cela s’ajoute la rétention des céréaliers russes, ils ont retardé la vente de leur blé plutôt que de le convertir en roubles, dont la valeur s’effondre. Au moment même où les pays importateurs multiplient les appels d’offres, que ce soit l’Arabie saoudite, l’Algérie ou le Maroc : ces pays avaient pris du retard sur le calendrier habituel de leurs achats.

Retour d’un cycle haussier à la faveur de la baisse du dollar ?

A plus long terme, est-ce le retour à un cycle haussier pour les matières premières agricoles, après cinq années de prix faibles ? On observe en tout cas un retour en force des fonds d’investissement, avec des positions acheteuses record sur les marchés à terme, relève le gendarme de la bourse américaine. Selon Michel Portier, « une réallocation des actifs est en cours dans les portefeuilles des investisseurs » qui se détournent en ce moment du billet vert au profit des matières premières agricoles.

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