Accents d'Europe

Une presse européenne malmenée

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Manifestation anti-Covid «Querdenken» en Allemagne, à Leipzig (Allemagne), le 21 novembre 2020.
Manifestation anti-Covid «Querdenken» en Allemagne, à Leipzig (Allemagne), le 21 novembre 2020. AFP

On le sait bien à l’échelle mondiale, la liberté de la presse est particulièrement malmenée. Mais, en Europe, on croyait les reporters plutôt à l’abri d’une violence dirigée contre la profession. Ce n’est plus le cas. La poussée des mouvements populistes, la violence générée par le coronavirus, font que des journalistes dans des pays autrefois épargnés font désormais l’expérience de la violence, qu’elle vienne des citoyens, ou soit institutionnelle.

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Ainsi, en Allemagne, en novembre 2020, lors du grand rassemblement anti-Covid organisé à Leipzig dans l’est du pays, on a recensé 43 agressions et incidents contre des journalistes… menaces, bousculades, mais aussi crachats ou coups de poing… et ces actes, ce qui est peut-être le plus inquiétant, ne sont plus seulement le fait de militants extrémistes. Depuis Berlin, c’est le reportage de Julien Méchaussie.

Et la situation n’est pas bonne en Hongrie pour les médias. C’est la commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Dunja Mijatovic qui le dit dans son dernier rapport publié mardi (30 mars 2021). Les médias publics sont à la botte du pouvoir. L’Autorité des médias n’est pas indépendante. Quant aux médias privés, ils ont pour beaucoup été rachetés par des proches du Premier ministre Viktor Orban. Restent les rares médias indépendants qui ont de plus en plus de mal à travailler : le pouvoir ne cesse de mettre des obstacles sur leur route. Comme nous le raconte depuis Budapest, Florence Labruyère.

Dans les Balkans, la Croatie est sur une pente vertueuse si l’on en croit les classements internationaux. Le pays est maintenant positionné 59ème dans la liste mondiale établie par Reporters sans frontières… mais sur le terrain c’est autre chose, des slogans comme « mort aux journalistes » fleurissent sur les murs sans que leurs auteurs soient poursuivis. Comme si le pouvoir était complice. Les journalistes s’inquiètent vraiment d’un climat de haine dont ils sont les victimes, Simon Rico.

Et nous allons parler d’un pays qui est généralement tout en haut des classements internationaux sur la liberté de la presse. Aux Pays-Bas, les menaces envers les journalistes sont devenues tellement pesantes, que la chaîne de télévision nationale NOS a fait retirer son logo de tous ses camions satellites. Désormais, quand ils sont en reportage, les journalistes préfèrent ses déplacer incognito, Antoine Mouteau.

Là les chiffres ne trompent pas. En Italie, les menaces contre les journalistes ont bondi de 87% en 2020. Un chiffre que le Ministère de l'Intérieur prend d'autant plus au sérieux qu'en général, les actes d'intimidation contre les institutions ont baissé l'année dernière. La situation est particulièrement critique en Sicile, dans le sud du pays, où les menaces contre les professionnels de l’information ont… triplé ! Parmi les plus virulents détracteurs des journalistes, on retrouve des groupuscules d’extrême-droite mais aussi la mafia. Le jeune journaliste sicilien Paolo Borrometti, qui a voulu faire de longues enquêtes approfondies sur la corruption dans son île, en a fait les frais. Il fait partie des 24 journalistes italiens qui vivent sous escorte. Cécile Debarge l’a rencontré. 

 

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