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Congo-Brazzaville: quand l'électricité finit par arriver en milieux rural...

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Vue depuis les champs de Brazzaville. (Image d'illustration)
Vue depuis les champs de Brazzaville. (Image d'illustration) Gamma-Rapho via Getty Images - Veronique DURRUTY

Avec ses 16 000 habitants, le district de Lékana est le plus enclavé du département des Plateaux, au centre du Congo. Non seulement il est difficile d’y accéder à cause de la dégradation de la route mais de plus, Lékana ne possède pas de système d'adduction d’eau. Une situation qui va changer, car cette cité vient d’être connectée au réseau électrique du barrage d’Imboulou, construit et mis en service il y a dix ans grâce à un financement apporté en partie par la Chine.

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« Ici à Lékana le courant est vraiment permanent. Nous sommes joyeux parce que quand il y a le courant, il y a le développement et on peut toutefois avancer la structure.» 

Ce témoignage est de Rock Ngoulou Nkoua. La structure dont il parle et qu'il compte faire évoluer est une mini-pharmacie située juste en face du centre de santé intégré de Lékana. Les ampoules qui alimentent cet établissement restent allumées en plein jour. Le jeune gérant de 35 ans a désormais du courant 24 heures sur 24 et envisage de diversifier ses activités.

« En dehors de ma petite mini-pharmacie, je compte maintenant installer mes appareils pour faire mes activités de soudure. On est à Lékana qui est devenue une petite ville », indique M. Ngoulou Nkoua.

Grâce au courant fourni par le barrage de petites activités économiques vont voir le jour à Lékana qui a connu un grand exode rural ces dernières années à cause du chômage, selon les autorités locales.

Nombreux sont les jeunes qui ambitionnent de monter des broyeurs d’arachide ou de courge, des cybercafés ou encore des mini-chambres froides.

Enseignant de son état Flavien Mbani Ganki compte, lui, équiper sa maison. « Oui Il faut équiper la maison avec des appareils tels un congélateur, un réfrigérateur, un ventilateur… Mes enfants ont suivi la télévision du soir jusqu’au matin parce qu’ils n’ont pas l’habitude de voir la lumière comme maintenant », se réjouit l’enseignant.

Avant la connexion de Lékana au réseau électrique, ses habitants étaient alimentés pendant cinq heures par jour par un grand groupe électrogène.

Au centre de santé intégré où elle évolue comme sage-femme depuis 15 ans, Denise Ndzama éprouvait toutes les peines du monde pour travailler. « Dès que la femme arrive et quand il n’y a pas d’électricité, on prend seulement la torche, on met les piles et on allume, puis je fais mon travail. Malgré la souffrance, avec ma torche, j’ai toujours eu beaucoup de gens qui viennent me féliciter parce qu’il est impensable de fonctionner avec la torche à Brazzaville par exemple. C’est avec la torche que j’ai évolué tout temps avec les femmes (qui viennent accoucher) », témoigne Mme Ndzama.

Le courant de Lékana est produit par le barrage d’Imboulou qui depuis sa mise en service en 2011 alimente bien d’autres districts des Plateaux.

 

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