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La Côte d'ivoire devient le quatrième producteur mondial de caoutchouc naturel, premier africain

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Un producteur d'hévéa retire la sève de l'arbre, dans sa plantation située dans village de Memni, dans la sous-préfecture d'Alepe en Côte d'Ivoire.
Un producteur d'hévéa retire la sève de l'arbre, dans sa plantation située dans village de Memni, dans la sous-préfecture d'Alepe en Côte d'Ivoire. © AFP/Sia Kambou

Avec un million de tonnes produites par les hévéas ivoiriens, le pays assure 80 % de la production africaine. Un succès obtenu en une décennie à peine, et qui permet à la Cote d'ivoire d'espérer renforcer sa filière de transformation du caoutchouc.

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En dix ans, la Côte d’Ivoire est passée de 170 000 à un million de tonnes de caoutchouc par an. Jérôme Sainte-Beuve, expert hévéicole au Cirad, le centre de coopération en recherche agricole, ne cache pas son enthousiasme. « Moi-même, j’ai été le premier surpris de voir ces chiffres qui sont quand même des chiffres extraordinaires », dit-il.

Il se souvient des débuts de la filière dans les années 1970. Et des premiers hectares d’hévéa dévolus aux petits planteurs et financés par les partenaires de la Côte d’Ivoire. Aujourd’hui, le verger hévéicole occupe six cent mille hectares et fait travailler 160 000 producteurs.

Un développement qui a porté ses fruits

Eugène Kremien dirige l’Apromac, l’association des planteurs et des industriels de la filière. Il salue une politique de développement qui a porté ses fruits. « L’histoire de l’hévéaculture en Côte d’Ivoire pendant les premières décennies de notre indépendance était le fait de grandes sociétés et de multinationales. Et, petit à petit, le président Houphouët-Boigny a autorisé que de petites mains intègrent la filière », déclare Eugène Kremien.

Aujourd’hui, 60 % du verger appartient aux petits planteurs. L’Apromac, quant à elle, a mis en place dès 2009 un fonds de soutien aux producteurs qui a connu un succès important. Mais avec une telle vitesse de développement, certaines voix s’élèvent pour reprocher à l’hévéa de détruire le peu de forêts primaires restant en Côte d’Ivoire.

Ce n’est pas l’avis de Jérôme Sainte-Beuve. « Je ne suis pas du tout certain que cela se soit fait au détriment de forêts primaires... Pour moi, c’est davantage une valorisation de terres qui n’étaient pas trop occupées, et une diversification de cacaoyères qui étaient plus ou moins valorisées. »

Renforcer la filière de transformation

De plus l’hévéa occupe trois fois moins de terre que le cacao, par exemple. Il permet en outre les cultures intercalaires. « C’est justement de mixer l’hévéa et d’autres cultures qui me parait être une solution d’avenir pour la durabilité de ces cultures », ajoute Jérôme Sainte-Beuve.  

Reste à renforcer la filière de transformation. Eugène Kremien et l’Apromac rêvent d’un succès des filières de transformation comparable à celui du Vietnam ou de la Malaisie. « Malheureusement nos coûts de production sont encore élevés. Nous négocions avec le ministère de l’Industrie pour avoir des coûts acceptables pour les industriels. Et aussi, cela permettrait de créer des emplois pour permettre à l’Etat de réduire le chômage », espère Eugène Kremien.

En ligne de mire, une taxe de 5 % sur le chiffre d’affaires des usines de première transformation, que l’Apromac juge nuisible aux investissements. 

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