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La Côte d'Ivoire et son ambition de développement de la filière caoutchouc

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Un producteur d'hévéa retire la sève de l'arbre, dans sa plantation située dans village de Memni, dans la sous-préfecture d'Alepe en Côte d'Ivoire.
Un producteur d'hévéa retire la sève de l'arbre, dans sa plantation située dans village de Memni, dans la sous-préfecture d'Alepe en Côte d'Ivoire. ©Sia KAMBOU/AFP

La Côte d'Ivoire accueille le premier Sommet mondial virtuel sur le caoutchouc à partir de ce mardi 8 juin jusqu’au vendredi 11 juin. Le prix du caoutchouc, secoué par la crise sanitaire mondiale depuis début 2020, sera sur l’agenda de ce grand forum qui réunit les experts du monde entier sur l’avenir du caoutchouc dans les pays producteurs et consommateurs. Le pays hôte du sommet est seulement producteur de la matière première.

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Devenue au fil des années un acteur important du caoutchouc naturel en Afrique, la Côte d’Ivoire ne veut plus se contenter du rôle de simple producteur de la sève blanche.

« Les Ivoiriens s’intéressent de plus en plus à la transformation de cette matière première. Il y a des usines qui sont implantées partout. Mais à un moment donné il faut que nous soyons capables nous-mêmes de fabriquer des pneus de véhicules, de motos et de bicyclettes, des capotes – on en a besoin pour notre survie –, des gants. Ces gants nous arrivent d’ailleurs. Si nous avons la possibilité de les fabriquer ici, le prix au paysan va augmenter », estime Kobenan Kouassi Adjoumani, ministre de l’Agriculture.   

Il s’agit pour le moment d’une aspiration pour la Côte d’Ivoire. Avec la baisse de l’activité économique dans le monde suite à la pandémie de covid-19, le prix payé aux planteurs a beaucoup varié. Il était est au-dessus de 300 francs CFA le kilo au début de mois de juin 2021, après avoir chuté jusqu’à 200 francs CFA le kilo.

Eugène Kremien, le président de l’Apromac (Association de professionnels et manufacturiers du caoutchouc naturel de Côte d'Ivoire), rassure les producteurs : « Le prix des matières premières va en dents de scie, l’essentiel, c’est que sur la durée, il y a une constance : le prix du caoutchouc a toujours été bon. Il faut remarquer que le caoutchouc que nous produisons en Côte d’Ivoire est absorbé à 80% dans les pneumatiques. Ces pneumatiques, quand il y a eu la pandémie, la demande baissant, les prix ont aussi baissé. Avec le déconfinement qui s’amorce aujourd’hui petit à petit en Europe et un peu partout dans le monde, nous allons assister à une remontée légère, mais sûre des prix de nos matières premières. »   

Malgré la chute vertigineuse des prix, la Côte d’Ivoire a fait un pas de géant dans la production du caoutchouc naturel, précise le ministre Kobenan Kouassi Adjoumani, grâce aux petits producteurs. « Alors même que nous attendions une production de 600 000 tonnes en 2020, les estimations de la production nous situent à environ 950 000 tonnes de caoutchouc. C’est un record ! »

Depuis 2009, l’Apromac a mis en place le fonds de développement de l’hévéa. Il est doté aujourd’hui de 40 milliards de francs CFA, soit près de 61 millions d’euros. Il sert notamment à accompagner les jeunes producteurs. 

La Côte d’Ivoire est premier producteur africain de caoutchouc naturel depuis les années 1990. En 2020, le pays est passé de la 6e place au rang de 4e producteur mondial. Mais il est encore très loin derrière les pays comme la Thaïlande et l’Indonésie. Sur le plan économique, le caoutchouc naturel est le 3e produit agricole d’exportation de la Côte d’Ivoire en volume, après le cacao et l’anacarde.

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