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Ouganda: les entreprises s'inquiètent des conséquences de la nouvelle taxe sur internet

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Une femme consulte son smartphone dans les rues de Kampala. (Illustration).
Une femme consulte son smartphone dans les rues de Kampala. (Illustration). AFP - ISAAC KASAMANI

En Ouganda, depuis le 1er juillet, une taxe de 12% a été instaurée sur les données mobiles, remplaçant la taxe existante sur les réseaux sociaux. L’objectif est d’accroître les revenus de l’État alors que la dette nationale a augmenté de 35% en décembre 2020, notamment à cause de la pandémie de Covid-19. Mais les entreprises s’inquiètent des répercussions de cette taxe sur leur commerce, dans une période de confinement où l’économie repose plus que jamais sur les nouvelles technologies. 

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Assis derrière son stand de recharge mobile, Joseph Mwebasa répond aux questions de ses clients sur la taxe internet instaurée au début du mois de juillet. Une nouvelle taxe qui aura selon lui d’importantes conséquences sur son commerce. « Les gens ne vont plus venir, je n’aurai plus assez de clients s’ils sont surtaxés. Même ceux qui sont réguliers viendront moins souvent. La taxe va augmenter mes charges, donc je ne gagnerai pas autant qu’avant », redoute-t-il.

Tous les opérateurs n’ont pas encore reporté la taxe de 12% sur le prix de leurs données mobiles. Mais Regina Nakayenga, à la tête d’une entreprise de production de boissons, craint déjà les conséquences de cette nouvelle charge sur ses dépenses. « C’est beaucoup trop, j’espère que le gouvernement va au moins la réduire à 5%, parce que c’est le seul moyen pour nous de survivre. » 

Une nouvelle charge qui n'est pas sans conséquences

Dans son relevé de compte, la facture des données mobiles de l’entreprise de Regina a déjà largement augmenté depuis le début du confinement mi-juin. Avec les restrictions de déplacement, impossible pour elle de travailler sans internet. « À cause du confinement, tout est en ligne : les réunions, la communication, tout est sur internet. D’habitude, je paie 30 000 shillings [environ 7 euros] par mois en données mobiles, mais en juin, j’ai payé 120 000 shillings [environ 28 euros] », explique-t-elle.

Pour l’économiste Grace Namugambe, cette taxe internet ne va pas simplement augmenter les dépenses des entreprises, mais également limiter l’accès à internet à de potentiels clients. « Si les clients ont un accès limité à internet, peu importe le niveau de communication sur les produits des entreprises parce que la clientèle ne sera pas au rendez-vous sur les plateformes de vente. Et si les clients paient plus de taxes pour internet, cela veut dire que leur pouvoir d’achat en ligne sera réduit. » 

Le gouvernement estime que cette nouvelle taxe rapportera à l’État 14 millions d’euros cette année, soit environ 3 millions de plus que l’ancienne taxe sur les réseaux sociaux, contournée par une grande partie de la population par l’usage de VPN.

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