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Congo-Brazzaville: l'État cède les chantiers navals, les travailleurs réclament leurs indemnités

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Une vue de Brazzaville (Photo d'illustration)
Une vue de Brazzaville (Photo d'illustration) ©creative commons/ODILRAK91

Au Congo-Brazzaville, l’État a vendu à un particulier le site du Chantier naval et transports fluviaux (CNTF), une société liquidée depuis 2013. Au moins 350 ex-agents de cette entreprise exigent de l’État le paiement intégral de leurs droits avant de libérer ce site.

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C’est la grande saison sèche. Sur le site du chantier naval, les eaux ont visiblement baissé. Dans un bateau à quai, on peut entendre des coups de marteau. Des ouvriers font des réparations. Mais ils seront déguerpis dans un proche avenir, car le site a été vendu par les autorités à un particulier qui va y ériger un grand centre commercial. Un membre du gouvernement est descendu sur les lieux donner l’information aux ex-travailleurs du Chantier naval et transports fluviaux. « L’État a depuis toujours procédé à des ventes. La dernière en date est celle du chantier naval et des transports fluviaux qui a eu lieu début juin. L’État a vendu le site à 100 milliards de FCFA (152 millions d’euros) », a affirmé Vincent Edgard Boura, président du syndicat des anciens agents. 

Les anciens travailleurs ne s’opposent nullement à cette vente. Mais ils exigent le paiement intégral de leurs droits avant de libérer le site. « Les travailleurs attendent toujours d’être payés pour un montant de plus de 7 milliards de FCFA (plus de 10 millions d’euros) pour les droits de licenciement et 6 milliards environ (plus de 9 millions d’euros) pour les arriérés de salaires ; soit une somme d’environ 15 milliards de FCFA (plus de 22 millions d’euros). À ce jour, nous attendons que ces sommes nous soient payées en totalité. En tout cas le même jour où nous serons payés tous, nous évacuerons et libérerons ce site », a promis M. Boura. 

Par l’entremise d’Antoine Okonolingui, ils brandissent une décision de justice qui fait obligation à l’État d’utiliser les fonds qui résulteraient de la vente du chantier au règlement de leurs arriérés de salaires et autres droits de licenciement collectif. « Les fonds résultant de la réalisation des actifs et du recouvrement des créances sont destinés au règlement du passif non transféré au portefeuille de l’État, et prioritairement au paiement des droits des travailleurs », stipule la décision de justice lue par M.Okonolingui. 

Journaliste et analyste des transports fluviaux Alexis Mélemon, dit de la Rivière, juge cette vente inopportune. « Le chantier naval vendu est une triste nouvelle pour moi parce que ce chantier a été construit en 1925 par les sociétés concessionnaires qu’on désignait  par les messageries fluviales du Congo », se lamente-t-il.  

Sans chantier naval, que deviendra le transport sur le fleuve, s’interroge-t-il. « Puisqu’on n’a plus de chantier naval, donc il n’y aura plus de bateaux. Donc, on ne pourra plus reconquérir cette vocation perdue de pays de transit », analyse Alexis Mélemon.  

Le chantier naval et transports fluviaux (CNTF) était une entité résiduelle née de la dislocation l’ancienne Agence transcongolaise de communication (ATC).

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