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RDC: Le port de Kalemie, poumon économique de la province du Tanganyika [2/3]

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Port de Kalemie à l'Est de la République Démocratique du Congo.
Port de Kalemie à l'Est de la République Démocratique du Congo. © Denise Maheho

Le port de Kalemie, sur le lac Tanganyika, connecte la RDC avec les ports de Bujumbura au Burundi, de Mpulungu en Zambie et de Kigoma en Tanzanie. Ce qui permet d’alimenter l’est de la RDC. Selon les chiffres du service maritime à Kalemie, le trafic des marchandises à l’importation est estimé à près de 60 mille tonnes par an. C’est donc le poumon économique de la province du Tanganyika, qui ne compte presque pas d’entreprises. Mais sa capacité d’accueil est encore limitée face au trafic toujours en hausse.

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Le port de Kalemie est l’un des plus importants à l’est de la RDC. Il est qualifié de port de consommation, car il accueille plus de marchandises à l’importation qu’à l’exportation. Seules 200 tonnes de minerai du coltan sont exportées chaque mois, contre cinq mille tonnes de diverses marchandises à l’importation. Richard Manwana est le directeur du port.

« Nous avons l’échange des marchandises qui proviennent de l’Europe et de la Chine et qui passent par le port de Dar es Salam, en Tanzanie. Nous avons les matériaux de construction, du sucre, du ciment en grande quantité, de la farine de froment, du sel », explique-t-il.

La vie économique de la ville de Kalemie et même de la province du Tanganyika dépend de ce port. Il permet à la population de s’approvisionner en différents produits. Shabani est un grossiste. Il vient de réceptionner sa marchandise, qu’il devra acheminer dans la localité de Kongolo à près de 400 Km de Kalemie.

« Je suis en train de faire charger mon wagon des marchandises diverses. Il y a des fers à béton, du sel, du sucre, de la farine de froment qui proviennent de la Tanzanie et du port congolais d’Uvira. », raconte Shabani.

Ce port constitue aussi pour plusieurs habitants de Kalemie un centre d’attraction pour différentes activités commerciales. Ramazani Alizadi est déclarant en douane.

« En tant que déclarant, s’il n’y a pas de port, il n’y a pas de travail, car il n’existe pas une autre voie qui permet l’acheminement des marchandises dans la région, en dehors du port public de Kalemie », précise M. Alizadi.

Malgré son importance, le port de Kalemie est en état de délabrement et sa capacité d’accueil est faible. Ce qui cause du retard dans la navigation et les échanges commerciaux. Jean Kyato Muzinga, commissaire lacustre explique : « La longueur du quai est plus ou moins de 360 mètres. Par jour on peut recevoir 7 bateaux. En plus de ceux qui sont déjà au port, c’est compliqué. Avec l’accostage de 4 bateaux seulement, on est déjà au bout du quai. C’est pourquoi, quand il y a afflux des bateaux, le déchargement nous coûte cher. Il se fait selon l’ordre d’arrivée et ça prend beaucoup de temps. Le déchargement d’un bateau de 2 mille tonnes peut prendre une semaine. »

En avril dernier, le gouvernement Congolais a signé un contrat avec la Chine pour la réhabilitation du port de Kalemie, dont le coût est de 127 millions de dollars. Mais jusque là, les travaux n’ont pas encore démarré.

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