Aujourd'hui l'économie

Chine: excédent commercial en hausse

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Une salle des marchés de la Bourse de Pékin.
Une salle des marchés de la Bourse de Pékin. REUTERS/Kim Kyung-Hoon

La croissance chinoise signe en 2020 un plus bas depuis plus de 40 ans. Son PIB a tout de même progressé de 2,3%, selon les données officielles publiées ce lundi 18 janvier. La performance est très en dessous des 6,1% de 2019, mais, bien que sujet à caution, c'est un score que les économies occidentales peuvent jalouser en plein marasme lié à l'épidémie de Covid-19. La balance commerciale chinoise pourrait bien également faire des envieux. Pékin a pris de la distance. 

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La Chine a enregistré cette année un excédent commercial global de 535 milliards de dollars. C’est-à-dire qu’elle a exporté pour 535 milliards de dollars de produits de plus qu’elle n’en a importés : son plus haut niveau depuis 2015.

Cet excédent provient en premier lieu de ses relations commerciales avec les États-Unis. La balance s’est davantage déséquilibrée cette année au profit de la Chine. Son surplus s’élève désormais à 317 milliards de dollars, en hausse de 7,1 % sur un an.

A quelques jours de son départ de la Maison Blanche, c’est un camouflet pour Donald Trump qui avait fait du rééquilibrage de la balance commerciale avec la Chine un de ses chevaux de bataille. Cela dit il faut rappeler qu'en 2019, l'excédent chinois par rapport aux États-Unis avait chuté de 8,5%.

Un excédent commercial porté par l’épidémie de Covid-19

Dans la foulée, en janvier 2020, peu de temps avant le début de la crise un accord de trêve avait été trouvé. La Chine s’était engagée à acheter pour 200 milliards de dollars de biens supplémentaires aux Etats-Unis sur deux ans. Mais la pandémie a grippé les rouages de la réconciliation.

Certes, au début, la crise sanitaire a freiné l’économie chinoise qui s’est arrêtée avant toutes les autres. D’ailleurs au premier trimestre ses exportations se sont effondrées. Mais l'empire du milieu s’est aussi remis en route plus rapidement.

En décembre, les commandes provenant de l'étranger ont même augmenté de 18%, après une hausse de 21% en novembre.

Les caractéristiques de la crise de la Covid-19 ont été porteuses pour le commerce chinois. Le pays a exporté beaucoup de produits médicaux. Entre mars et décembre, Pékin a livré 224 milliards de masques dans le monde. Cela représente tout de même 40 masques par personne en dehors du pays. 

Avec les confinements et la généralisation du télétravail, les salariés ont dû davantage s’équiper en ordinateur portable, par exemple. Le secteur électronique a eu le vent en poupe ce qui a profité aux ventes chinoises.

Pendant ce temps, les restrictions sanitaires aux États-Unis ont été un frein au commerce, explique l'économiste Iris Pang de la banque ING.

Mais, il n’est pas dit que l’excédent commercial chinois continuera à s’accentuer de la sorte. Au niveau des exportations chinoises globales, l’arrivée de vaccins va dans un avenir plus ou moins lointain limiter les achats en lien avec la pandémie tels que les masques ou les tests. Cela risque donc à moyen terme de pénaliser les exportations chinoises. 

D’un autre côté, la reprise économique devrait favoriser la consommation des Chinois et donc les importations globales du pays.

D’ailleurs, sur l'aspect sino-américain, un analyste a relevé des efforts de Pékin et un bond en décembre de ses importations en provenance des États-Unis.

Des détails sur la politique de Joe Biden très attendus

Quant à la transition à la Maison Blanche, va-t-elle modifier les relations sino-américaines ?  Joe Biden doit détailler sa politique commerciale jeudi, au lendemain de son investiture. Jusqu’à présent, le président-élu a laissé entendre qu’il pourrait s’inscrire dans la continuité concernant la Chine. En décembre, il avait souligné son intention de rester ferme, les démocrates partageant avec les républicains les inquiétudes sur la sécurité nationale. Cela dit, la stratégie pourrait changer. Il envisagerait de faire front commun avec les alliés historiques des États-Unis à l'instar des européens.

Des arguments contradictoires lui sont soumis pour l'influencer.

Le négociateur sortant de Washington, Robert Lighthizer l’a enjoint à maintenir les sanctions.

D’un autre côté, un rapport publié par l’US-China Business Council, qui regroupe 200 entreprises américaines faisant affaire avec la Chine, encourage à réduire les droits de douanes. Dans un scénario étudié par Oxford Economics où les deux gouvernements abaisseraient progressivement les taxes à 12% en moyenne, contre 19% aujourd’hui, l’économie américaine génèrerait 160 milliards de dollars supplémentaires de PIB réel au cours des cinq prochaines années. Cela créerait 145 000 emplois d'ici 2025. Toujours selon cette analyse, le revenu moyen des ménages américains augmenterait également.

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