Aujourd'hui l'économie

Tourisme en Europe: le lent chemin vers la reprise

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Une vue de la Pyramide du Louvre à Paris, entourée de touristes, le 4 juillet 2019.
Une vue de la Pyramide du Louvre à Paris, entourée de touristes, le 4 juillet 2019. © /Regis Duvignau/REUTERS

Alors que s’accélère les campagnes de vaccination en Europe, le secteur du tourisme reprend espoir et envisage enfin la sortie du tunnel. Les autorités européennes annoncent pour juin la mise en place de son certificat vert numérique pour faciliter les déplacements non-essentiels. Mais la reprise sera certainement très lente pour un secteur qui revient de loin.

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2020, année des confinements et des restrictions de voyages restera dans les annales du secteur comme la pire de toutes. En Europe, première destination mondiale pour les touristes, les professionnels ont particulièrement souffert. L'an dernier, ils ont dû composer avec une chute de 64% des revenus par rapport à l'année précédente. Et 3.6 millions d'emplois en moins pour les entreprises, souvent des petites et moyennes entreprises. La France n’a accueilli l’an dernier qu’un tiers des 90 millions de visiteurs étrangers habituels. Pour l’Espagne et l’Italie, deux autres destinations-phares et économies fragiles, les pertes se sont élevés à plus de 70 milliards d’euros.

Désormais, pour les États européens, il s'agit de sauver la saison estivale

La Commission européenne veut lancer dès la fin juin son « certificat numérique vert » pour rétablir la circulation en Europe. Il s’agit d’un document qui indique que le voyageur est bien vacciné ou négatif au Covid-19. L'heure est à l'assouplissement des restrictions. La présidence tournante de l’UE, assurée par le Portugal, pays touristique, a appelé les États à accélérer les préparatifs. La France se prépare à rouvrir ses frontières aux touristes étrangers dès le 9 juin et travaille à une liste de pays sûrs pour ses ressortissants. La Grèce dont un cinquième des richesses provient du tourisme ouvrira ses frontières dès cette semaine. Non sans inquiétude de la part de la population locale, vaccinée à 34% seulement aujourd'hui.

La reprise massive ne sera sans doute pas pour cet été

Les professionnels appréhendent la saison avec un optimisme mesuré. Et ils n'imaginent pas retrouver les niveaux de l'année 2019 avant 2021 au mieux.

L'Europe est encore loin de l'immunité collective ; elle espère l'atteindre fin juillet. La saison touristique sera alors déjà bien entamée. Les habitants du nord de l'Europe ont soif du soleil du sud. Mais les États continuent de se montrer prudents. Le Royaume-Uni vient de fournir la liste des pays où ses ressortissants pourront voyager sans contraintes. Les destinations prisées comme l'Espagne et la France impliquent une quarantaine au retour au pays. Sans compter, que voyager devrait coûter plus cher : une famille britannique devra débourser en moyenne 500 livres de plus, entre l'isolement imposé pour certaines destinations et les fameux tests PCR, très chers au Royaume-Uni.

Les pays touristiques planchent sur leur plan de relance du secteur

Si la véritable reprise doit attendre 2021, voire 2023, autant s'y préparer. L'Espagne veut consacrer plus de 3 milliards d'euros du plan de relance européen au secteur. Pour moderniser les infrastructures et viser un tourisme plus durable. En d'autres termes, sortir du modèle du tourisme massif et à bas-coûts qui a fait les riches heures de la Costa Brava et la Costa del Sol. Viser aussi une clientèle aux gros revenus, comme celle en provenance d'Asie ; et dont le retour marquera véritablement la reprise du secteur en Europe.

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