Américains et Européens veulent renforcer leur coopération dans la tech et le commerce

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Les drapeaux américains et européens, en 2010, lors d'un sommet de l'OTAN, à Lisbonne.
Les drapeaux américains et européens, en 2010, lors d'un sommet de l'OTAN, à Lisbonne. © ASSOCIATED PRESS - Virginia Mayo

L’Europe et les États-Unis parviendront-ils à rétablir la confiance pour renforcer leurs liens économiques ? C’est tout l’enjeu de la première réunion du conseil américano-européen du commerce et de la technologie, qui se déroule ce mercredi 29 et jeudi 30 septembre à Pittsburgh, en Pennsylvanie. Dans un contexte de crise diplomatique entre Paris et Washington.

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Cette première rencontre de très haut niveau, avec deux commissaires européens et trois secrétaires de l'administration américaine devait sceller la relance de la relation transatlantique. Une relation forte et ancienne mais fragilisée par la guerre commerciale menée par Donald Trump. Seulement voilà, son successeur, Joe Biden, a récemment refroidi l’enthousiasme des Européens. D’abord avec le retrait unilatéral et calamiteux d’Afghanistan, sans consultation avec ses alliés, puis avec cet accord de sécurité passé avec l’Australie et le Royaume Uni. Dans le dos de la France puisque le méga contrat des ventes de sous-marins français a été annulé. Le président Macron n’a pas réussi à convaincre ses partenaires européens de reporter la réunion de Pittsburgh mais elle aura certainement moins d’éclat.

Cette brouille pourrait remettre en cause les projets communs ?

Les deux blocs sont des alliés, ils partagent les mêmes valeurs, le même logiciel, celui de l’économie de marché, et ils sont tous les deux très inquiets de la montée en puissance de la Chine. Ils ont donc une majorité d’intérêts communs. Leur objectif aujourd'hui est d'aligner leurs priorités face à cette menace chinoise. Et leurs économies sont tellement imbriquées que cette alliance va a priori de soi. Les deux puissances sont l’une pour l’autre le premier débouché à l’export, le premier investisseur, le premier employeur, les filiales de leurs entreprises sont mutuellement les plus insérées de part et d’autre de l’Atlantique.

Mais les États-Unis et l’Europe sont aussi des concurrents qui se livrent des guerres féroces

Le conflit sur l’aéronautique entre Boeing et Airbus -s’accusant mutuellement de bénéficier de subvention, aura duré 17 ans avant qu’une trêve ne soit enfin signée cet été. L’offensive contre l’acier et l’aluminium européen, lancée par Donald Trump en 2018 est toujours d’actualité, ces métaux sont encore soumis à de lourdes taxes quand ils sont importés sur le sol américain. Dans cette ambiance on a du mal à voir ces deux partenaires pourtant si proches trouver facilement un terrain d’entente sur les sujets urgents du moment. Souvenons-nous aussi que le traité transatlantique de libre échange laborieusement bouclé en 2013 a fini par passer aux oubliettes, entre autres, sous la pression de la France.

Américains et Européens veulent notamment s’attaquer à la pénurie de semi-conducteurs.

Washington espère même une annonce sur le sujet à l'issue de ces deux premières journées de discussion. Beaucoup d'autres thèmes seront abordés dans des groupes de travail: la régulation des plateformes numériques, de l’intelligence artificielle, la définition des normes technologiques, le contrôle accru des investissements étrangers et des exportations. Les objectifs affichés visent en filigrane la Chine même si elle n’est jamais nommée dans les documents. Les outils pour y parvenir peuvent-ils vraiment être mutualisés? L’Europe a par exemple dans ses tiroirs un digital act pour encadrer l'activité des géants du net, mais l'administration américaine le désapprouve, elle le juge protectionniste. Sur les semi-conducteurs, pas sûr que les Européens adhèrent au rapprochement souhaité par les États-Unis avec le principal producteur, Taiwan, le frère ennemi de la Chine. Car ils veulent aussi ménager le pays qui est devenu l'an dernier le premier partenaire commercial des Vingt-Sept. Ce sujet sera en quelque sorte un premier test pour la relance des relations transatlantiques.

EN BREF

► Toujours pas d'accord à vue dans le contentieux sur la pêche entre Londres et Paris suite au Brexit. Alors que les licences accordées aux pêcheurs français pour travailler dans les eaux britanniques expirent demain, le Royaume Uni continue à jouer la montre. Hier, mardi 28 septembre, seulement 12 nouvelles licences ont été accordées, les Français en demandent 87.

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