Chronique des médias

Harry et Meghan, à l’heure du streaming

Audio 02:36
Lors de l’entretien accordé par le prince Harry et Meghan Markle à Oprah Winfrey, diffusé le 7 mars sur la chaîne américaine CBS.
Lors de l’entretien accordé par le prince Harry et Meghan Markle à Oprah Winfrey, diffusé le 7 mars sur la chaîne américaine CBS. VIA REUTERS - HARPO PRODUCTIONS

Nous parlons de la célèbre interview de Harry et Meghan sur CBS et de la bataille qui se joue à travers elle dans les médias britanniques et américains.

Publicité

C’est un des avatars de cette bataille médiatique. Piers Morgan, présentateur de la chaîne anglaise ITV, a été remercié après avoir refusé de s’excuser pour des propos sur Meghan. « Je ne crois pas un mot de ce qu’elle dit, je ne la croirais pas si elle lisait un bulletin météo », a-t-il lâché après avoir mis en doute ses déclarations sur ses idées suicidaires et sur l’absence d’aide de la famille royale. Le journaliste s’est alors dit sacrifié sur l’autel de la liberté d’expression alors que l’agence PA a raconté que Meghan avait écrit à la directrice de la chaîne pour se plaindre des propos du journaliste qui, selon elle, pourraient nuire aux malades de la santé mentale.

ITV est la partenaire au Royaume-Uni de CBS pour cette interview d’Oprah Winfrey qui a été vendue à 80 pays et vue par 50 millions de téléspectateurs. La chaîne a-t-elle jugé qu’il valait mieux faire le choix de Meghan plutôt que de son présentateur vedette ? L’énorme potentiel du couple dans les médias et sur les plateformes de streaming a sans doute pesé dans la balance. Harry et Meghan ont en effet signé en 2020 un contrat de près de 100 millions de dollars avec Netflix qui devient leur « maison créative » selon son patron Ted Sarandos. Ils ont aussi signé avec Spotify et vont produire une série documentaire pour AppleTV+

Face à cela, face à cet avenir en streaming et une interview que l’on croirait conçue pour maintenir l’intérêt dans la série The crown, sur Netflix, que pèsent les tabloïds anglais ? Le couple, en même temps qu’il a accusé de racisme un membre de la famille royale, s’en est pris à cette presse pour ses préjugés et son hostilité. Le président de la société des éditeurs, qui avait rétorqué que la presse anglaise n’était « certainement pas raciste » a dû démissionner après une lettre de protestation de 250 journalistes l’accusant de déni.

Ce qui est sûr, c’est qu’un « contrat invisible », comme dit Harry, existe entre Buckingam Palace et les médias. En échange d’une exposition publique bien orchestrée de la famille royale et de ragots lui permettant de vivre, les tabloïds permettent à la monarchie de survivre. Mais leur lectorat vieillit, ils sont obligés de se défendre pour être en phase avec lui. Face à eux, de nouveaux médias arrivent avec d’autres outils narratifs : Netflix, Spotify, mais aussi Oprah Winfrey elle-même qui produit ses interviews et les vend. Harry n’a qu’une crainte, c’est que l’histoire se répète en faisant référence aux paparazzi qui ont provoqué l’accident de sa mère en 1997. Il fait tout pour écrire sa propre histoire avec son épouse, l’ancienne actrice Meghan Markle.

 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail