Chronique des médias

La liberté de la presse par temps de pandémie

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Capture d'écran du site de l'ONG Reporters sans frontières.
Capture d'écran du site de l'ONG Reporters sans frontières. © rsf.org

Le classement mondial de la liberté de la presse a été publié cette semaine. Il montre que l’exercice du journalisme est « totalement » ou « partiellement bloqué » dans 132 des 180 États évalués par Reporters sans frontières.

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Sur les 180 États du classement de cette année, on en en trouve 73 où la liberté de l’information est « gravement entravée » et 59 où elle est au moins restreinte, ce qui fait dire à RSF que dans près des trois quarts des pays, ce « vaccin » qu’est le journalisme n’est pas actif contre le virus de la désinformation. On retrouve en queue de classement des régimes autoritaires : l’Érythrée, la Corée du Nord, le Turkménistan, la Chine, Djibouti, le Vietnam, l’Iran, la Syrie, le Laos, Cuba ou l’Arabie saoudite. Et parmi les bons élèves, la Norvège, la Finlande, la Suède, le Danemark, les Pays bas mais aussi le Costa Rica, la Jamaïque, la Nouvelle Zélande ou le Portugal.

La France arrive à la 34e place, juste après le Royaume-Uni. Le parquet vient d’ouvrir une enquête après une plainte contre X déposée avec RSF par Morgane Large, une journaliste d’une radio bretonne, pour des actes de malveillance, voire de sabotage comme le déboulonnage d’une roue de sa voiture, après la diffusion d’un documentaire où elle témoignait contre l’industrie agro-chimique. 

Dans le monde, la pandémie a souvent été le prétexte à des restrictions à l’accès aux sources d’information sur le terrain. Au Brésil et au Venezuela, les présidents Bolsonaro et Maduro ont fait la promotion de leur propre remède au Covid-19. En Iran, des journalistes ont été condamnés pour avoir mis en en doute la vérité officielle sur le nombre de décès. Et en Égypte, rien ne doit sortir en dehors des chiffres du ministère de la Santé.

En Afrique, où la moitié des États sont en rouge ou en noir sur la carte de RSF, les autorités ont cherché à contrôler l’information dans 23 pays. Ce qui veut dire qu’au lieu d’être vus comme des alliés pour affronter les crises, « les journalistes africains restent trop souvent perçus comme des ennemis à contrôler ou à réprimer », selon RSF. Arrestation d’un journaliste d’investigation au Botswana pour la mise à jour d’un scandale lié à l’épidémie sur l’utilisation de l’argent public, blackout de l’information sur la Covid-19 en Tanzanie, tour de vis législatif avec des lois contre les fausses nouvelles en Afrique du Sud, au Bénin ou au Niger... Les exactions et les détentions arbitraires sont encore nombreuses, notamment en Érythrée.

Enfin, la Birmanie est depuis le putsch des militaires de février, un lieu de « persécution » des journalistes avec des arrestations arbitraires et la diffusion au journal télévisé de listes de personnalités recherchées pour leur contribution à l’information sur le mouvement démocratique. Parmi elles, au moins 19 journalistes. Un retour de dix ans en arrière, selon RSF.

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