Chronique des médias

La guerre des images à Gaza

Audio 02:33
Frappe aérienne des Israéliens sur un immeuble de la ville de Gaza, le 14 mai 2021.
Frappe aérienne des Israéliens sur un immeuble de la ville de Gaza, le 14 mai 2021. © AP/Hatem Moussa

Retour sur la couverture journalistique des affrontements à Jérusalem et à Gaza, et de ses conséquences sur les médias eux-mêmes, côté palestinien et israélien.

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La Fédération internationale des journalistes a interpellé jeudi 13 mai les instances internationales sur « les agressions destructrices et répétées contre les médias et les journalistes palestiniens et étrangers ». Cette fédération, la FIJ, qui regroupe 600 000 adhérents de 150 pays, a notamment dénoncé des arrestations de journalistes qui ont été parfois menacés ou battus par les forces israéliennes.

De son côté, Reporters sans frontières, a compté une quinzaine de journalistes palestiniens blessés et a fait savoir qu’une vingtaine de médias avaient subi les bombardements de Tsahal. Après les tirs de roquettes sur Israël par le Hamas, l’armée israélienne a en effet répliqué en attaquant des bâtiments du mouvement islamiste qu’elle soupçonne d’être des dépôts d’armes.

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Et parmi eux, se trouvait la tour Al Shorouk qui a été détruite à Gaza et abritait la télévision Al-Aqsa, du Hamas, et sept autres médias. Il faut noter qu’Israël en voulait particulièrement à cette chaîne puisque le Shin Beth, son service de sécurité intérieur, l’avait identifiée comme étant un relais de recrutement de combattants islamistes via des signes de reconnaissance à l’écran. Une autre tour, abritant le Palestine Daily News ou la chaîne Al Arabya ainsi que douze autres médias palestiniens, a aussi été bombardée mardi.

Propagande contre propagande

Alors bien sûr, côté israélien, on pointe la propagande pro-terroristes et anti-israélienne dont les chaînes du Hamas font preuve. Mais les affrontements n’ont pas lieu qu’à Gaza puisqu’en Israël même, à Bat Yam, la télé publique israélienne K11 a filmé en direct le lynchage d’un conducteur présumé arabe par des groupes juifs d’extrême droite. Il a fallu attendre 15 minutes pour qu’on vienne lui porter secours, selon le Times of Israel.

Si cette chaîne a diffusé en direct cette scène, certains médias israéliens ne reflètent que très peu le sort des victimes palestiniennes. I24 News par exemple se concentre sur les neufs victimes israéliennes tuées par les 180 roquettes du Hamas non interceptées par « Dôme de fer », dont un enfant de six ans, mais évoque à peine 119 tués à Gaza, dont une trentaine d’enfants.

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Pour la propagande, le porte-parole de Benyamin Netanyahu, Ofir Gendelman, n’est pas en reste. Le New York Times raconte qu’il a dû retirer de Twitter une vidéo censée montrer des tirs de roquettes du Hamas, à Gaza, qui datait en réalité d’il y a trois ans et venait de Syrie ou de Libye. Maintenant, toute la difficulté pour les journalistes est de ne pas mettre sur un pied d’égalité un État, avec des moyens militaires et de contrôle des communications très importants, et un peuple palestinien qui reste la principale victime du conflit.

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