La Nupes, invisibilisée dans les médias

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Jean-Luc Melenchon (premier plan), entouré du premier secrétaire du Parti socialiste français (PS) Olivier Faure (à gauche) et du secrétaire général du parti Europe Ecologie Les Verts (EELV) Julien Bayou (2e à droite) lors de la conférence de presse à Paris le 19 mai 2022, pour présenter le programme de la coalition de gauche Nouvelle union populaire écologique et sociale (NUPES) avant les élections législatives de juin prochain.
Jean-Luc Melenchon (premier plan), entouré du premier secrétaire du Parti socialiste français (PS) Olivier Faure (à gauche) et du secrétaire général du parti Europe Ecologie Les Verts (EELV) Julien Bayou (2e à droite) lors de la conférence de presse à Paris le 19 mai 2022, pour présenter le programme de la coalition de gauche Nouvelle union populaire écologique et sociale (NUPES) avant les élections législatives de juin prochain. AFP - THOMAS SAMSON

Le programme de la Nouvelle union populaire écologique et sociale a été présenté jeudi 19 mai et il n’a pas toujours reçu un écho médiatique à la hauteur du rassemblement politique qu’il représente.

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Si l’on veut connaître la nuance politique d’un journal ou son degré de compréhension de la gauche à trois semaines des élections législatives, il suffit de regarder son traitement de la conférence de presse des 650 propositions de la Nupes, la Nouvelle union populaire écologique et sociale qui rassemble insoumis, écologistes, socialistes et communistes.

Pour ce « programme partagé », présenté jeudi 19 mai 2022, c’est un traitement a minima avec seulement un maigre article perdu dans une page intérieure pour Le Figaro, Le Parisien ou Les Échos, propriété de Dassault ou de LVMH. En revanche, il a fait la Une pour L’Humanité, Libération et Le Monde. Il faut dire que ce programme commun de la gauche, qui rappelle celui de 1972, est un événement incontestable que seul le parti-pris peut faire mine d’ignorer. Et pourtant, ni le 20h de Julien Arnaud sur TF1, ni celui de France 2 n’ont jugé digne de lui consacrer le moindre titre.

La politique, dit-on, n’intéresse personne. Pourtant, il y avait là, à la fois de l’image, du symbole et du fond. Pour la photo, il n’est pas courant de voir sur la même scène Olivier Faure pour le PS, Julien Bayou pour Europe Écologie-Les Verts, Ian Brossat pour le PC et Jean-Luc Mélenchon pour les insoumis. Pour le symbole, il est encore plus notable de voir que toutes ces formations ont été capables de s’entendre sur le nom de Mélenchon comme Premier ministre et de mettre entre parenthèses leurs différences pour présenter des propositions communes, dans 95% des cas.

Et parmi elles, la possibilité de changements en profondeur pour des dizaines de millions de personnes. Que ce soit un SMIC passant de 1 300 à 1 500 euros net, une révolution fiscale avec 14 tranches d’imposition au lieu de cinq, la retraite à 60 ans, un investissement massif dans la bifurcation écologique avec un million d’emplois à la clé, le blocage des prix de première nécessité… Bref, une rupture « raisonnée mais ferme » comme dit le leader de la France insoumise.

Le soir du premier tour, un comptage par formation politique a pour but d’éviter de montrer la force de Nupes. De la même façon, beaucoup de contre-feux semblent allumés pour détourner les médias de cette union politique. Il y a les sujets légitimes comme le nouveau gouvernement, l’Ukraine, Cannes… et puis ceux qui semblent faits pour rallumer des polémiques, comme l’affaire du burkini à la piscine de Grenoble.

Face à cela, Nupes promet de revoir pas mal de choses dans les médias avec une loi anti-concentration, un Conseil national des médias ou encore des mesures de protection contre les influences politiques et financières dans les rédactions.

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