En 2020, le pétrole a connu sa pire crise de son histoire

Audio 01:57
Le géant pétrolier britannique BP.
Le géant pétrolier britannique BP. REUTERS/Arnd Wiegmann

2020 a été une année fatale pour le pétrole. La crise sanitaire a provoqué un choc sans précédent du secteur pétrolier et a amorcé probablement son déclin.  

Publicité

Rappelons-nous, en avril, lorsque le prix du pétrole américain est passé brièvement en territoire négatif, à -37 dollars le baril, une première dans l’histoire ! En effet, les fournisseurs payaient les acheteurs pour se débarrasser de leur stock de brut. Au même moment, le baril du Brent, le pétrole de la mer du Nord, s’établissait autour de 20 dollars, du jamais vu depuis les années 1990. La pandémie et les mesures de confinement avaient provoqué un ralentissement brutal de l’économie mondiale, provoquant une chute de la demande et une surabondance de l’offre qui ont entraîné cette dégringolade des cours de l’or noir.

Depuis, les prix ont doucement remonté la pente, mais ils restent, aujourd’hui, encore très bas par rapport aux niveaux d’avant crise. Fragilisées, les majors pétroliers ont accumulé des pertes records, ont licencié et ont ainsi réduit de 20 à 35% leurs investissements dans l’exploration et la production. Certains producteurs de pétrole de schiste aux États-Unis ont même fait faillite, d’autres sont devenus la proie de plus grands qu’eux et ont été rachetés.

La crise a aussi donné un coup de massue aux pays pauvres dépendant fortement de la manne pétrolière ; c’est le cas par exemple du Venezuela, de l’Iran, de l’Angola ou de l’Algérie. Leurs revenus sont largement amputés à cause de la faiblesse des cours du brut. 2020 a été aussi une année de transformation pour les géants européens du pétrole. Shell, Eni, BP ou Total ont annoncé une accélération de leurs investissements dans les énergies renouvelables, estimées à 170 milliards de dollars d’ici 2030. Ils se sont aussi engagés à une neutralité carbone d’ici 2050. Contrairement aux compagnies américaines qui croient encore à l’avenir du pétrole, les groupes européens ont bien intégré le fait qu’à l’avenir, la demande du brut baissera  en raison de la transition énergétique et de la lutte contre le changement climatique.

 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Suivez toute l'actualité internationale en téléchargeant l'application RFI