Chronique des matières premières

La Chine va-t-elle soutenir encore longtemps les cours des céréales?

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Le soja est récolté dans un champ de la ferme Hodgen à Roachdale, dans l'Indiana aux États-Unis.
Le soja est récolté dans un champ de la ferme Hodgen à Roachdale, dans l'Indiana aux États-Unis. REUTERS - Bryan Woolston

Les cours des céréales sont portés depuis quelques mois par une demande chinoise record et un rétrécissement de l’offre des pays exportateurs. La tendance haussière va-t-elle se prolonger quelques mois ou quelques années ? C’était le sujet débattu lors du Paris Grain Day organisé par Agritel ce mercredi.

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La Chine va-t-elle soutenir encore longtemps les cours des grains ? Les marchés à terme agricoles et en particulier celui de Chicago sont en pleine ébullition depuis quelques mois. Il faut dire que les stocks américains de céréales et de soja sont au plus bas depuis sept ans. Les Etats-Unis ont exporté massivement l’an dernier au point de retrouver leur part de marché de 2017 : 30% des exportations mondiales. Dont près de 28 millions de tonnes de grains expédiés vers la Chine.

Accord commercial

Un flux qui devrait continuer à augmenter cette année des Etats-Unis vers la Chine, dans le cadre de leur accord commercial et alors que les fournisseurs concurrents ne sont plus au rendez-vous, que ce soit l’Amérique latine à cause de la sécheresse, ou les pays de la mer Noire qui restreignent leurs exportations pour calmer les prix chez eux. Dan Basse, le président du cabinet américain Ag Resource, est particulièrement haussier pour les cours des céréales.

Cheptel porcin en hausse

La flambée devrait selon lui durer plusieurs années. La Chine, estime-t-il, va continuer à importer massivement du maïs pour ses élevages de porc, qui retrouvent leur niveau d’avant la fièvre porcine. La demande de carburant va rebondir après la crise du COVID, et la nouvelle administration Biden, plus verte que celle de Trump, devrait favoriser l’incorporation d’éthanol, et donc la consommation de maïs aux Etats-Unis. La masse monétaire qui a augmenté de 40% depuis le début de la pandémie s’engouffre à nouveau sur les marchés de matières premières, grâce à un dollar faible, et fait gonfler les cours.

Importations chinoises ponctuelles ou pérennes ?

Analyste à Shanghai, Rosa Wang est plus prudente et ne croit pas que la Chine devienne importatrice de céréales de façon pérenne. Pékin a certes vidé ses stocks de maïs qui étaient encore à des niveaux record en 2015, et abaissé les surfaces cultivées en maïs pendant quatre années consécutives, mais la production devrait selon elle rebondir cette année et les années suivantes grâce aux nouvelles incitations publiques et à l’autorisation commerciale des OGM sur le sol chinois. Par ailleurs plutôt que d’importer du maïs, la Chine importe directement de la viande ou de l’éthanol.

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