Chronique des matières premières

Les pétroliers tiraillés à l'ouverture du deuxième sommet de l'OPEP+

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En janvier lors de leur premier sommet, le groupe des pétroliers a dû négocier dur, pour aboutir à une position commune ; celle de laisser sous terre environ 7 millions de barils par jour, pour alimenter la pénurie artificielle.
En janvier lors de leur premier sommet, le groupe des pétroliers a dû négocier dur, pour aboutir à une position commune ; celle de laisser sous terre environ 7 millions de barils par jour, pour alimenter la pénurie artificielle. © REUTERS/Nick Oxford

Ce jeudi 4 mars, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et de leurs alliés de l'Opep+, se réunissent pour la deuxième fois de l'année, réunion au niveau ministériel. Ouvriront-ils les vannes de l'or noir ou la production sera-t-elle toujours rationnée pour maintenir les prix ?

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Le sevrage décidé l’année dernière a porté ses fruits : les cours qui étaient très bas sont remontés au niveau qui précédait la pandémie, soit au-dessus de 60 dollars le baril. La vague de froid qui a frappé mi-février l’État du Texas aux États-Unis et qui a bloqué les infrastructures pétrolières a elle aussi contribué à la hausse des prix du pétrole américain.

Cette normalisation des prix va-t-elle se poursuivre ? Cela dépendra en grande partie de la stratégie des pays producteurs de pétrole qui sera actée ce jeudi.

Ouvrir les vannes : un dilemme et des dissensions

La Russie et ses alliés sont partisans d’une augmentation du pompage pour revenir à la production habituelle, au risque de voir les prix baisser à nouveau.

En face, l’Arabie saoudite plaide pour que les coupes se poursuivent au moins jusqu’en avril. Le calcul est simple. Ne pas rouvrir les vannes trop vite, c’est éviter la formation de stocks supplémentaires et maintenir les prix à un niveau élevé, donc profiter d’une manne financière plus longtemps. Un choix qui a l’avantage de ménager les États-Unis, car des prix hauts leur permettent d’exploiter le pétrole de schiste qui coûte cher à produire et qui n’est donc rentable que si les prix atteignent un certain seuil.

En janvier lors de leur premier sommet, le groupe des pétroliers a dû négocier dur, pour aboutir à une position commune ; celle de laisser sous terre environ 7 millions de barils par jour, pour alimenter la pénurie artificielle. Ce choix va-t-il être ajusté aujourd’hui et qui de Riyad ou Moscou va faire pencher la balance ? 

La Russie a peu de marge de manœuvre

« L’Opep c’est l’Arabie saoudite, résume un expert en pétrole, c’est donc elle qui donnera le rythme du redémarrage ». « Les Russes vont probablement coopérer, ils ont eux-mêmes une capacité très réduite d’augmenter leur production », ajoute notre interlocuteur. La demande d’or noir reste toujours forte notamment en Chine, mais n’a pas atteint son niveau d’avant la pandémie.

Dans un document diffusé mardi, des experts de l’Opep+ appellent à ne pas se laisser aller à un optimisme démesuré. Les marchés sont plus incertains qu’ils n’ont l’air, disent-ils, et l’impact des variants du coronavirus sur l’épidémie pourrait faire mentir les prévisions de reprise.

 

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