Chronique des matières premières

La filière textile secouée à son tour par la flambée des prix des matières premières

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Une usine textile à Moliens, dans les Hauts-de-France, en septembre 2018 (image d'illustration).
Une usine textile à Moliens, dans les Hauts-de-France, en septembre 2018 (image d'illustration). AFP/Denis Charlet

Le secteur du textile européen doit lui aussi composer avec des prix qui grimpent de tout côté, que ce soit ceux du fret, ceux des matières premières, ou encore des emballages.

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Rupture d’approvisionnement, retards de livraisons, le contre-coup de la première année de Covid-19 n’est plus une crainte mais une réalité dans le secteur de l’habillement et des tissus techniques. Un secteur très mondialisé et donc forcément sensible à la perturbation de toute la chaîne commerciale

Les effets se répercutent au quotidien, confie-t-on au sein de l’Union industrielle du textile (UIT), avec des patrons d’entreprises qui se démènent pour répondre à leurs clients, et parfois des « incompréhensions commerciales » à cause des défauts d’approvisionnement.

Le premier obstacle est le prix de la matière elle-même. À titre d’exemple, le lin est aujourd'hui 25% plus cher qu’au mois de septembre. L’acrylique a augmenté de plus de 60%, et il faut compter entre 50 et 80% de plus pour le polyester. Les textiles techniques dérivés du pétrole sont ceux dont le prix a le plus augmenté.

Pas d'embellie avant fin mai

Les prix du fret pèsent lourd dans la balance : ils ont augmenté d’un facteur cinq et engendrent des retards de livraison. Les délais sont passés de trois semaines à trois mois pour certaines matières. Des entrepreneurs confrontés au risque de ne pas honorer leurs commandes sont contraints d’accepter des conditions tarifaires défavorables.

Les filatures – le prix du fil de coton bio a augmenté de plus de 40% –, le tissage, la teinture, tous les maillons de la chaîne accusent le coup, car même le prix de certains adjuvants de teinture, qui aident à la fixation de la couleur, ont augmenté de manière inédite.

Si la filière est touchée plus tard que d’autres secteurs, c’est grâce aux stocks dans lesquels les entreprises ont pu piocher, durant le premier confinement il y a un an. Mais aujourd'hui, elles ne cachent plus leurs difficultés. La filière française ne voit pas venir d’embellie avant fin mai, voire cet été pour les prévisions les plus pessimistes.

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