Chronique des matières premières

La filière farine-pain attire toujours les investisseurs en Côte d’Ivoire

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Si la Côte d’Ivoire ne produit pas de blé, elle en importe et en transforme beaucoup.
Si la Côte d’Ivoire ne produit pas de blé, elle en importe et en transforme beaucoup. © CC0 Pixabay/Sabine Schulte

Le groupe français Soufflet, premier exportateur français de céréales vient de créer une filiale à Abidjan dénommée Soufflet West Africa et spécialisée dans la filière blé-farine- pain. Si cette filiale a une vocation régionale puisqu’elle couvre 11 pays, elle est surtout le signe de l’attractivité du secteur de la transformation du blé et de la minoterie en Côte d'Ivoire, ou les boulangeries se comptent par centaines

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La Côte d’Ivoire compte environ 2 000 boulangeries, dont la moitié à Abidjan. Ces chiffres datent de 2018 et sont d’ailleurs sûrement en deçà de la réalité aujourd’hui tant ces boutiques ne cessent de fleurir dans les rues de la capitale économique ivoirienne depuis les années 2000.

Avec un chiffre d’affaires global estimé, avant le Covid-19, à 25 milliards de francs CFA en 2020, le succès ne se dément pas. Le secteur est pourtant réglementé. Pas moins de 500 m entre deux boulangeries. Et une baguette dont le prix est fixé par l’État à 150 francs.

Panification à la française

En Côte d’Ivoire, on consomme le pain « à la française ». Le produit star, c’est donc la baguette qui constitue pour beaucoup d’Ivoiriens la base du repas. Mais on consomme aussi toutes les déclinaisons de pains français et les viennoiseries en tous genres. Les grandes enseignes, françaises notamment, ne s’y sont pas trompées et investissent le marché depuis plus de 20 ans. Paul, Brioche Dorée ou Kayser – pour ne citer que ceux-là –, y ont des franchises depuis de nombreuses années.

Si la Côte d’Ivoire ne produit pas de blé, elle en importe et en transforme beaucoup. Le secteur également est en plein essor depuis deux décennies, est aujourd’hui tenu par trois grands acteurs.

Soufflet veut se rapprocher de ses clients

Face à ce marché dynamique, le Français Soufllet qui travaille en Côte d'Ivoire depuis longtemps, où il importe du blé et des ingrédients de panification comme des correcteurs de farine pour maintenir une qualité constante, standardisée, malgré l’évolution d’une année sur l’autre de la qualité du blé, vient d’y installer une filiale, Soufflet West Africa.

« Le choix d’Abidjan s’est fait en raison de la présence de clients importants, de ses infrastructures portuaires, d’une relative stabilité politique, et du marché », explique Valentin Boyez directeur de Soufflet West Africa. « On est là depuis longtemps. On a des clients industriels qui nous demandent de les accompagner. Nous, on considère qu’on fournit un package global blé + service. On est là sur l’intégralité de la chaîne de valeur, la filière “blé-farine-pain”, avec notamment des conseils en panification. » Pour accompagner ainsi ses clients, SWA travaille avec une ingénieure et un boulanger. « On maîtrise les différentes origines. On est expert, en France on est meuniers et boulanger aussi », ajoute Valentin Boyez.

Pour autant, Soufflet n’a pas l’intention pour le moment d’investir les secteurs de la meunerie et de la boulangerie en Côte-d’Ivoire.

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