Chronique des matières premières

Le rêve américain de la noix de cajou ivoirienne

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L'anacardier, l'arbre qui donne la noix de cajou.
L'anacardier, l'arbre qui donne la noix de cajou. © Nathalie Amar/RFI

La Côte d'Ivoire part à la conquête du marché américain de la noix de cajou. Et pour cela, le pays entend quintupler sa capacité de décorticage.

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Le premier producteur mondial de noix brutes veut aujourd’hui jouer dans la cour des grands fournisseurs d'amandes de cajou.

L’enjeu financier et social se résume en quelques chiffres : une fois transformée, la noix prend 40% de valeur. Une unité de transformation de 10 000 tonnes c’est 800 emplois dont 80% de femmes. La plus-value ne se discute pas.

Et c’est ce qui explique la dynamique locale dans le secteur. Le pourcentage de noix transformée a plus que doublé ces 5 dernières années mais n'est encore que de 12% , la marge de progression reste donc énorme.

La cajou ivoirienne transformée essentiellement en Inde et au Vietnam

L’ambition ivoirienne, c’est de partir à la conquête du marché américain, le plus gros « ventre » consommateur de cajou au monde.

Le pays veut y augmenter ses parts de marché.  Et il y a de la marge : 1% des achats américains seulement de cajou se fait en Afrique. La Cote d’Ivoire vise aussi le marché européen. « On ne veut négliger aucun marché », résume  Adama Coulibaly, directeur général du conseil Coton-Anacarde.

Mais exporter plus à l’international, cela veut dire augmenter les capacités de transformation locale et mettre les usines aux normes sanitaires internationales. 

Jusque-là pour atterrir Outre-Atlantique la noix de cajou ivoirienne faisait un détour par l’Asie. C'est en effet essentiellement en Inde et au Vietnam que la noix brute est décortiquée avant d'être réexportée.

La certification indispensable pour conquérir de nouveaux marchés

Les producteurs ivoiriens se sont donc fixé un objectif : transformer à l'horizon 2025 la moitié de la production de noix de cajou ivoirienne. Les travaux de deux zones industrielles viennent d’ailleurs d’être lancés, une à Bondoukou l’autre à Korhogo, des zones viabilisées et aménagées pour faciliter l’installation d’unités de transformation.

Et pour assurer la réussite du programme ivoirien, des experts sanitaires américains vont accompagner une quinzaine d'unité de transformation pour les aider à se mettre aux normes. « On veut qu’il n’y ait plus une seule usine sans certification », résume Adama Coulibaly. L’idée étant de mettre au point une forme de label consommateur qui rassure le monde sur la qualité de la cajou ivoirienne. 

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