Chronique des matières premières

Négoce de métaux: le célèbre ring du LME va finalement rouvrir

Audio 01:49
Des traders opèrent dans le Ring, la salle des marchés ouverte du nouveau London Metal Exchange (LME) dans le centre de Londres, le 18 février 2016. (Photo d'illustration)
Des traders opèrent dans le Ring, la salle des marchés ouverte du nouveau London Metal Exchange (LME) dans le centre de Londres, le 18 février 2016. (Photo d'illustration) © AFP - LEON NEAL

La Bourse aux métaux de Londres avait annoncé qu’elle ne rouvrirait pas son négoce à la criée, mais changement de cap, le ring comme on l’appelle, et ses traders tirés à quatre épingles reprendront du service en septembre. 

Publicité

La réouverture annoncée du ring de Londres, c’est en quelque sorte la victoire des traditionalistes du négoce. La victoire de ceux qui font vivre depuis près de 150 ans une pratique spectaculaire souvent qualifiée d’anachronique qui n’est plus d’usage dans le monde.

Depuis plus de 15 ans le négoce mondial de matières premières est en effet passé au tout électronique. « Le ring, c’est presqu’une anomalie », résume un ancien trader de métaux. Pour lui, les échanges à la criée pour négocier du cuivre, du zinc ou du nickel n’ont plus aucun sens en termes de transparence de marché. 

Quand des hommes donnent des ordres financiers en se regardent les yeux dans les yeux, alors qu’ils se sont croisés quelques minutes avant et vont peut-être boire une bière ensemble après, difficile de dire que la collusion n’existe pas, explique cet habitué du ring. Le combat est forcément inégal, quand les autres négocient au téléphone ou devant leur ordinateur sans se voir.

En janvier le LME avait plaidé pour le tout-électronique

Mais c’est un fait, le London Metal Exchange, la principale bourse mondiale aux métaux industriels, a décidé de rouvrir son ring le 6 septembre. Le LME avait pourtant annoncé en janvier  sa volonté de fermer l’anneau mythique. La place boursière de la City, aujourd’hui propriété de la Bourse de Hong Kong avait estimé que le passage forcé au tout électronique depuis mars 2020 était finalement un pas en avant : avec des volumes négociés plus élevés, une transparence meilleure, et des traders plus nombreux à pouvoir participer.

Mais c’était sans compter sur la puissance de la corporation des Barrow Boys, des traders quasi tous originaires du Comté d’Essex au nord-est de Londres. Ces surdoués du calcul commencent généralement leur carrière, sans diplôme et gravissent tous les échelons jusqu’à devenir des acteurs du ring, assis sur des canapés rouges disposés en cercle. Bien habillés, avec une gestuelle très rodée, et sans avoir le droit de se lever, ils passent des ordres pour le compte de leurs clients. Parmi eux, des sociétés internationales de négoce auxquelles on reproche souvent un  manque de transparence.

La réouverture n'aura pas d'impact significatif sur le marché

Ces traders d’un autre temps ont donc gagné la bataille. Mais jusqu’à quand ? C’est la question que certains se posent. Avec ou sans ring le profil du marché des métaux industriels lui devrait rester le même. Un marché très tendu avec des prix qui ont flambé ces derniers mois.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail