Chronique des matières premières

Mystère sur le marché du porc chinois

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Un porc Chinois. (Photo d'illustration)
Un porc Chinois. (Photo d'illustration) GREG BAKER / AFP

En Chine, les prix du porc ont chuté, suite à une recrudescence des abattages, mais d'autres chiffres interrogent sur ce qui se passe localement.

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Le porc chinois, c'est la moitié de la production mondiale. Autant dire que la météo porcine dans le pays impacte les marchés internationaux. Après une année 2018 de peste porcine qui a décimé le cheptel chinois, les prix ont flambé et la Chine a acheté tous azimuts. Aujourd'hui les prix restent toujours deux fois plus hauts qu'en France, mais ils baissent significativement : 50% de moins pour la vente en gros depuis le début de l'année et 30% de moins sur le marché à terme du porc de Dalian, un nouveau marché lancé en janvier. Mais pourquoi ?

Autant le prix est un indicateur fiable dans une économie de marché, rappelle Jean-Paul Simier, économiste et spécialiste du marché des viandes, autant en Chine, explique-t-il, il faut être prudent, car on reste dans une économie très centralisée, qui subventionne énormément sa production et joue, même pour le porc, sur ses stocks de viande congelée pour influer sur les prix.

Des abattages peu lisibles

Les cours chinois ont manifestement baissé suite à l'annonce d'abattage massif de porcs et de jeunes porcs. Est-ce par peur d'une baisse supplémentaire des cours que les éleveurs vendent par anticipation leur porcelet avant qu'ils n'atteignent leur poids commercial habituel ? Ou alors est-ce le signe d'une nouvelle épidémie animale qui pointe, comme le laissent craindre certains indicateurs ? Abattre permettrait dans ce cas aux éleveurs d'écouler rapidement de la viande dans le circuit commercial avant d'éventuelles restrictions sanitaires.

Des chiffres qui incitent à la prudence

La thèse d'une surabondance, liée à des élevages qui se seraient totalement repeuplés, est contredite par les volumes d'importation : les achats de porc européens ont atteint des niveaux records au premier trimestre alors qu'ils auraient dû baisser, si la production locale n'était plus une préoccupation. Il est donc trop tôt, résume Jean-Paul Simier, pour parler d'un retournement du marché chinois.

Seuls les achats à venir pourraient permettre d'y voir plus clair : si les Chinois continuent à importer massivement, c'est qu'ils font des stocks démesurés, ou qu'ils anticipent une baisse et que la surabondance dont il est question aujourd’hui n'aura été qu'éphémère.

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