Chronique des matières premières

Orpaillage: les pratiques chinoises en question au Mali

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Les Chinois cherchent de l’or au Mali depuis plusieurs années dans le lit des cours d’eau, au moyen de drague.
Les Chinois cherchent de l’or au Mali depuis plusieurs années dans le lit des cours d’eau, au moyen de drague. © CC0 Pixabay/Csaba Nagy

À l’occasion des journées minières et pétrolières du Mali, zoom sur l’orpaillage. Un secteur où les Chinois sont de plus en plus présents et bouleversent les pratiques locales.

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Des pratiques choquantes, qui entraînent des perturbations inimaginables. C’est avec ces mots qu’un ancien ministre malien décrit ce qui se passe depuis l’arrivée d’orpailleurs chinois. Dans les régions de Sikasso, Koulikoro et Kayes notamment, il décrit une catastrophe. 

Les Chinois cherchent de l’or au Mali depuis plusieurs années dans le lit des cours d’eau, au moyen de drague. Mais depuis trois, quatre ans, ils se sont mis à d’autres pratiques qui ont en commun une bonne dose d’illégalité ou de non-respect du Code minier.

Exploiter de l’or avec un permis d’exploration, une pratique de plus en plus fréquente

Certains auraient ainsi conclu des accords localement pour acheter des terrains et creuser comme ils l’entendent sans déclarer aucune activité. D’autres se sont associés à des Maliens titulaires de permis d’exploration. Et sous cette couverture, ils se lancent directement dans l’exploitation. Résultat : ils ne payent pas les taxes prévues par les textes et ne respectent pas non plus les normes environnementales. 

« Administrativement, ils ne répondent à personne », résume un de nos interlocuteurs. Ce n’est même plus de l’orpaillage, dit un expert, mais des exploitations semi-industrielles très mécanisées. 

Des pratiques illégales grâce à des complicités maliennes

Aucun chiffre n’est à ce jour disponible pour évaluer la quantité d’or produite illégalement par ces exploitations et le manque à gagner pour l’État. Mais ce sur quoi les experts s’entendent, c’est que ces pratiques n’auraient pas lieu sans une succession de petites complicités, à plusieurs niveaux, qui vont souvent de pair avec des actes de corruption.

Le problème aujourd’hui, c’est que personne, y compris le gouvernement, ne semble pouvoir mettre un terme à ces activités. Des villages et communes qui pensaient y gagner au début se révoltent aujourd’hui. Ainsi, le mois dernier, les habitants de la commune de Naréna, au sud-ouest de Bamako, ont demandé le départ des Chinois qui n’ont pas honoré leurs engagements et dont la présence a fini par provoquer des tensions locales.

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