Chronique des matières premières

L'Allemagne se rêve en championne du renouvelable, comment y parvenir?

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L'Allemagne souhaite sortir du charbon en développant les énergies propres. Sur cette photo, le parc éolien Odervorland à Jacobsdorf, près de Francfort-sur-l'Oder, en Allemagne, le 25 juin 2021.
L'Allemagne souhaite sortir du charbon en développant les énergies propres. Sur cette photo, le parc éolien Odervorland à Jacobsdorf, près de Francfort-sur-l'Oder, en Allemagne, le 25 juin 2021. © AP / Michael Sohn

L'Allemagne tourne la page de l'ère Merkel. Le Bundestag élira mercredi Olaf Scholz au poste de chancelier. Le social-démocrate dirigera un gouvernement tripartite. Une coalition qui s'est dotée d'un programme climatique ambitieux et qui anticipe la fin des centrales à charbon.

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La sortie du charbon est prévue « dans l'idéal » pour 2030 et non plus 2038. L'Allemagne aura donc deux fois moins de temps pour se débarrasser de ce combustible qui représentait 23% de son mix électrique l'an dernier.

Elle ne comptera pas sur le nucléaire pour décorbonner son énergie. Berlin s'est engagé depuis le début des années 2000 dans la sortie de l'atome. Ses dernières centrales doivent être débranchées d'ici la fin de l'année prochaine.

L'objectif est donc « très ambitieux », le remplir sera « difficile », mais c’est « faisable » aux yeux de Thomas Pellerin-Carlin, directeur du centre énergie de l’institut Jacques-Delors.

Le premier levier dont dispose l'Allemagne : c'est de développer massivement les énergies renouvelables. L'accord de coalition a fixé un objectif de 80% des ENR dans le mix électrique du pays d'ici à la fin de la décennie.A titre de comparaison, l'an dernier, elles représentaient 45% du total, selon les données de l’Institut Jacques-Delors et de l’AGEB.

Cela supposera des investissements importants pour agrandir le parc photovoltaïque ; des investissements et des obligations règlementaires. Les nouvelles propriétés commerciales devront, par exemple, accueillir des installations solaires. Le futur gouvernement entend aussi réserver 2% du territoire à l'éolien et les capacités de l'éolien offshore.

► À écouter aussi :Le climat, enjeu incontournable de l’après-Merkel

Un autre levier sera de compenser une partie de la production des centrales à charbon par du gaz.Les experts ne font pas tous la même analyse.  Thomas Pellerin-Carlin estime que le gaz n’est qu’un « plan B ». D’ailleurs, au cours des discussions, une sortie du gaz à l'horizon 2040 aurait été évoquée, selon Reuters. L’idée d’une sortie du gaz, désormais présenté comme une solution de transition, laisse au contraire perplexe, Maxence Cordiez, un ingénieur dans le secteur de l'énergie, qui voit difficilement l'hydrogène prendre sa place. « S'ils n'y arrivent pas, prévient-il, les Allemands resteront dépendants du gaz ».

Cette délicate tâche de la transition énergétique doit être pilotée par le Vert Robert Habeck, qui sera à la fois ministre de l'Economie et de la Protection du climat.

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