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Chronique transports

Mongolie: des télécabines économiques et écologiques comme nouveau transport public

Audio 02:30
Oulan-Bator fait partie des villes les plus polluées au monde.
Oulan-Bator fait partie des villes les plus polluées au monde. © AFP/Byambasuren Byamba-Ochi
Par : Marina Mielczarek
8 mn

Quel est le point commun entre un skieur français et un colombien de Medellín ? Les deux voyagent en téléphérique Poma ! Poma, c'est le nom du champion français des télécabines et des remonte-pentes. L'entreprise vient de décrocher le premier marché mongol. Six kilomètres de câble vont relier le nord au centre d'Oulan-Bator, la capitale de la Mongolie. Ce sera le tout premier métro-cabine du pays. Un transport en commun silencieux et peu polluant qui a de l'avenir.

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On y entre comme dans un ascenseur sauf qu’au lieu de rester debout, on s’assoit sur les banquettes ! Mais c’est vrai qu’avec leurs portes rouges rectangulaires et bombées sur les côtés, avec leurs gros boutons noirs pour faire coulisser la porte, ces cabines ont tout l’air de mini ascenseurs volants !

6 kilomètres au-dessus de la Toula, des immeubles et des collines 

122 petites navettes glisseront entre les pylônes de ce tout premier téléphérique mongol. Trois arrêts sont prévus pour récupérer les usagers le long du parcours (quartier nord, appelé quartier des ghers ou des Yourtes, jusqu’au centre d’affaires d’Oulan-Bator, la capitale.

La construction de ce nouveau transport public est un véritable soulagement pour les habitants... En dix ans, la population d’Oulan-Bator a triplé. Un phénomène dû au changement de mode de vie dans les collines. Le nomadisme est réservé aux zones très reculées. Ailleurs, plus près des villes, les familles des steppes se sont rapprochées des centres urbains. Les télécabines leur permettront de survoler le fleuve (la Toula) qui traverse Oulan-Bator et de franchir les collines.

Aluminium et énergie électrique, les télécabines sont écologiques

Saturation des transports en commun, bouchons sur les routes, engorgement de la ville, Oulan-Bator a été classée parmi les plus grandes villes les plus polluées de la planète. Vincent Gallay, urbaniste, spécialiste des nouveaux usages, le téléphérique de ville, a de l’avenir :

« Les téléphériques urbains présentent un avantage unique, explique ce connaisseur des grandes zones urbaines, ils ouvrent l’espace au-dessus de nos têtes ! Dans un monde où tous les espaces de transports sont saturés, c’est un champ idéal qu’il va falloir exploiter. Dans le ciel, plaisante-t-il, y a beaucoup d’espace ! Les designers et les architectes vont s’en emparer parce qu’en plus d’être écologique, il est silencieux. Pour les habitants aussi, en allégeant les constructions de routes ou de rails au sol, ils pourront aménager d’autres possibilités de vie. »

Le métro-câble fait chuter la délinquance

En Colombie, à Medellín, les habitants ont appelé leur téléphérique, le métro-câble social. Parce que comme à Rio, au sommet des favelas du Brésil, ces cabines ont permis de redonner vie à des quartiers inaccessibles. Aires de jeux, bibliothèques, les aménagements ont pu permettre des connexions avec les autres quartiers plus centraux des grandes villes. D’ailleurs, les autorités ne s’y attendaient pas, mais il n’y eu aucune dégradation sur les chantiers durant l’installation des pylônes. Ces nouveaux transports ont véritablement fait chuter le taux de criminalité.

L’Algérie, le pays métro-câblé 

L’Algérie est l’exemple de pays où le transport en télécabines est idéal avec ses zones montagneuses et villes construites en hauteur. Dans les années 2000, le pays comptait le plus grand nombre de lignes de télé-câbles au monde. Malheureusement, par manque de personnel local ou de formation pour l'entretien, certains habitants se plaignent, les télécabines tomberaient souvent en panne.

Medellín, Taipei, New-York, Nijni-Novgorod et les montagnes sacrées de Chine

Cependant, l’espoir est permis puisque la société Poma prévoit l’ouverture de nouvelles télécabines en Algérie. Cette année, comme tous les entrepreneurs, Fabien Felli, de la société Poma, subit la crise du coronavirus (une activité réduite de 30%) mais en plein marasme économique planétaire, il a tout de même de quoi se féliciter. Sa société Poma vient de décrocher son sixième marché en Colombie. Si l’Amérique Latine est déjà conquise, d’autres aventures, il dirait même plus, d’autres continents l’attendent : 

« Le téléphérique urbain est sans aucun doute la solution des pays en développement, dit-il. En Afrique, nous sommes déjà en Algérie, mais avec ces télécabines qui surmontent les montagnes, les fleuves comme les déserts ou les zones les plus peuplées, c’est tout le continent qui pourrait en bénéficier. Nous travaillons à nous faire connaître ! »

18 mois de construction et 40 millions d’euros

Plusieurs avantages comparés aux transports en commun classiques. D’abord, un gain de temps puisque construire un métro-câble peut se faire en 18 mois. Le coût est intéressant, le contrat d’Oulan-Bator, largement soutenu par les pourparlers entre les gouvernements français et mongole, est estimé à 40 millions d’euros.

Grenoble, Toulouse Ajaccio et Cergy c’est peu pour la France ! 

C’est un paradoxe mais c’est en France que les constructions de Poma ont le plus de mal à convaincre. Manque d’habitude sûrement, voire une méconnaissance sur ce type d’équipement, des projets annoncés au début des années 2000 en banlieue parisienne, ont finalement été annulés.

Des pylônes aux J.O de 2022  

L’Asie a déjà été conquise, après les métro-câbles à Taiwan, la Corée emploie Poma pour des remontées de domaines skiables. Et puis, pensez-y lorsque vous les verrez les J.O, c’est en Chine que les français sont allés aménager les pistes des Jeux Olympiques d’hiver de 2022.

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