Chronique transports

Lawrence d'Arabie et la tragédie du casque de moto

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Lawrence d'Arabie
Lawrence d'Arabie © AP

C'est une histoire de transport méconnue du grand public. Celle d'un héros de cinéma qui a pourtant sauvé et qui sauve encore les motards de la planète ! Avant de devenir espion au Moyen-Orient, Lawrence d'Arabie fut un jeune historien voyageur. Sans sa passion pour le vélo puis la moto, il n'y aurait pas eu de casques obligatoires.

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Avant la moto, c’est la bicyclette que Thomas Edward Lawrence a popularisée. Et c’est en France qu’il a fait son plus grand tour 4 000 km en deux mois, juillet et août 1908.

Pour fêter ses 20 ans et écrire son mémoire d’école, le futur officier de l’armée britannique se lance à la poursuite des châteaux du Moyen-Âge sur un vélo anglais. Guidon retourné et pneus fragiles comme le raconte Guy Penaud, auteur du livre Le tour de France de Lawrence d’Arabie :

« La bicyclette du jeune Thomas Edward Lawrence, étudiant en histoire médiévale, était une bicyclette Morris, une marque anglaise réputée avec un guidon tourné vers le bas et trois vitesses. C’était un garçon atypique, comme sa bicyclette d’ailleurs… Végétarien, grand sportif, il ne supportait pas la foule ni les chiens ! Dans les lettres qu’il envoyait de France à sa mère, il parlait de sa colère contre ses bêtes qui couraient derrière ses mollets ! De village en village, il voulait découvrir les châteaux du sud-ouest et notamment dans le département de la Dordogne. »

Lawrence d’Arabie crève 70 fois dans le centre de la France

Aujourd’hui, l’Office du tourisme de Dordogne profite des récits de Lawrence d’Arabie pour encourager la pratique du vélo. Un transport bon pour le tourisme, pour la santé et bon pour la nature.

Les motos de Lawrence d’Arabie, moins intéressantes pour l’environnement que son vélo, mais ô combien déterminantes pour l’humanité !

Mort à 46 ans sur une petite route britannique

L’histoire est tragique, à 46 ans, en allant poster un télégramme que Lawrence d’Arabie se tue sur un modèle anglais, réputé, de la marque Brough. Le chirurgien chargé du corps ne s’en remet pas. Pour lui, l’accident aurait pu être évité avec une tête protégée.

L’armée est convaincue. Le casque de moto, avant d’être généralisé, sera obligatoire sur les deux roues des soldats britanniques. Le chirurgien Hugh Cairns deviendra le pionnier du port du casque obligatoire.

Casque obligatoire en France depuis 1973, et toujours pas généralisé aux États-Unis

Aujourd’hui sous pavillon français, l’entreprise de motos Brough met à l’honneur son héros Lawrence d’Arabie, Albert Castaigne en est un des directeurs :

« La moto est malheureusement très accidentogène. La tête pèse très lourd et avec la vitesse, il est impossible en cas de choc de la maintenir, elle tombe la première. Même à faible vitesse on peut très mal tomber, c’est très connu chez les motards. On peut dire que les Anglais ont été les plus rapides à l’imposer sur leurs routes. La France a attendu 1973 malgré le nombre important de motards dans les années 1960. Mais que dire des États-Unis, le pays de la liberté, il a fallu attendre les années 1990 pour imposer casque. Mais aujourd’hui, ça paraît incroyable, dans 3 États, au Colorado par exemple, vous pouvez circuler sans casque ! »,  

Dans un mois, la Lawrence Brough, l’une des 7 motos de Lawrence d’Arabie, redessinée en aluminium léger sortira des ateliers. L’offre est limitée puisqu’il n’y en aura que 1888, comme l’année de naissance de T. E. Lawrence. Coût de l’engin : 66 000 euros.

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