Chronique transports

Emirats arabes unis: le premier train arrive

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À terme, le réseau ferré s’étendra sur 1200 km, marchandises et passagers confondus. (Image d'illustration)
À terme, le réseau ferré s’étendra sur 1200 km, marchandises et passagers confondus. (Image d'illustration) © CC0 Pixabay/Analogicus

Les Émirats arabes unis construisent leur premier chemin de fer. Un projet auquel ses voisins vont participer. Transport de marchandises, mais aussi passagers, à terme ce seront 1 200 kilomètres de voies ferrées entre six pays du golfe Persique.

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Dans une région connue pour ses 4X4 et la qualité de ses compagnies aériennes, ce premier chemin de fer de 264 kilomètres aurait de quoi étonner ! Après tout, pratiquement tous les pays du monde ont leurs lignes ferroviaires, alors pourquoi ce train aujourd’hui dans le désert d’Abou Dhabi avant son allongement entre les six pays du Golfe : les Émirats arabes unis (dont Dubaï), le Qatar, le Koweït, Bahreïn, l’Arabie saoudite et Oman ? 

La chercheuse Emma Soubrier, de l’Institut des pays arabes à Washington, estime qu’il s’agit d’un vrai changement de stratégie. Augmenter les échanges tout en réduisant la pollution : « Comme les pays du Golfe avaient du pétrole à faible coût, il était normal et plus économique pour eux de développer de grosses routes et des compagnies aériennes. On connaît la qualité réputée d’Emirates, de Qatar Airways ou Etihad. Aujourd’hui la donne a changé. Toute la région a intérêt à miser sur des connexions entre voisins avec du transport moins polluant. D’ailleurs, ces pays veulent se montrer aux yeux du monde comme plus respectueux. »

Une politique d’échanges plutôt que de confrontation

Les voisins ont intérêt à une politique d’échanges plutôt que de confrontation. À terme, le réseau ferré s’étendra sur 1 200 km, marchandises et passagers confondus. Parmi les acteurs du projet, la société française Egis. Son représentant dans le golfe Persique, Adil Guissi avait eu une bonne expérience avec le métro de Dubaï. 

« Moi, je suis très confiant, dit-il. À Dubaï lors de l’ouverture du métro, les gens ont apprécié de pouvoir éviter les embouteillages des routes. Ce premier train à Abou Dhabi va entraîner de nouvelles habitudes. Les autorités des grandes villes doivent investir dans les transports en commun avec des gares reliées aux centres des villes par des navettes autonomes, des bus. »

Des techniques permettent de stabiliser le sol du désert   

Après Riyad en Arabie saoudite et Doha au Qatar, le Bahreïn aurait son projet de métro. Un pari doublement gagnant s’il est relié aux trains à l’aide de bus ou de navettes autonomes. 

Construire dans le désert, avec le sable, le vent et le sel n’est pas facile. Mais aujourd’hui les techniques de stabilisation des sols existent et sont efficaces. Durant cette pandémie, les pays du Golfe ont permis une politique de vaccination. Le chantier n’a pas pris beaucoup de retard. Fin des travaux promise pour 2023. 

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