Européen de la semaine

Marcelo Rebelo de Sousa, le président Portugais, candidat à sa succession

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Le président portugais Marcelo Relebo de Sousa, le 2 novembre 2020 à Lisbonne.
Le président portugais Marcelo Relebo de Sousa, le 2 novembre 2020 à Lisbonne. Patricia de Melo Moreira AFP/Archivos

Il fait partie du club très fermé des dirigeants populaires en Europe, à l’instar de la chancelière allemande Angela Merkel. Marcelo Rebelo de Sousa se présente à sa succession au Portugal le 24 janvier. Dans cette campagne très perturbée par le Covid-19, avec un emballement de l’épidémie et un confinement général décidé à deux semaines du scrutin, le président de 72 ans, qui a pourtant été diagnostiqué positif au Covid il y a quelques jours, survole la compétition. Portrait de cette personnalité charismatique, issue du centre droit.

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Marcelo, c'est son prénom et c’est comme ça que les Portugais l'appellent quand ils parlent de lui. Une formule affectueuse qui signe aussi la très forte proximité que ressent le pays avec son président. Un président qu’on voit régulièrement en maillot de bain, dans la file d'attente d'un supermarché l’été, ou bien sur la plage, allant même porter secours, c’était l’été dernier, à deux nageuses en détresse dans les vagues, après avoir perdu le contrôle de leur kayak : « les jeunes filles venaient d’une autre plage. Comme il y a un courant d’ouest très fort elles ont été poussées vers le large. Puis le kayak s’est retourné, et elles ont avalé beaucoup d’eau, racontait-il. Je suis arrivé à les ramener en évitant le courant qui était très fort et heureusement un autre compatriote est venu nous aider. »

Cette mini conférence de presse post-sauvetage sur le sable a fait le tour du Portugal et d’une partie de l'Europe, un rôle que le président manie à la perfection, comme le précise Ana Navarro Pedro, journaliste portugaise, correspondante de plusieurs médias à Paris : « C'est un peu notre Lady Di à nous, notre président ! Ce qui touche le plus les Portugais, c'est sa capacité à s'occuper des sans-abris. On le voit souvent en train de distribuer des repas, en train de boire un petit verre de vin bon-marché avec une personne sans-abris qui est installée sur un lit de fortune, lui poser des questions, voulant vraiment connaître son parcours et ses difficultés. On le voit s'occuper des personnes malades aussi. »

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Aisance avec les plus modestes et une popularité qui vient de loin, des années où Marcelo Rebelo de Sousa était une star du petit écran. « Il y a une grande proximité, familiarité tissée au fil des années parce qu'il a très longtemps commenté l'actualité politique et pas que, explique Yves Léonard, historien spécialiste du Portugal et professeur à Sciences Po. Professeur Marcelo, il était surnommé ainsi, identifié comme tel, et il commentait l'actualité politique de manière hebdomadaire, le dimanche, décernant des bons points et des bonnets d'ânes à la classe politique, avec beaucoup d'humour, de sens de la formule, et puis une analyse, un sens politique aussi. C'était très très écouté, ça faisait partie des choses qu'on se devait de regarder, c'était une sorte de rendez-vous hebdomadaire que beaucoup suivaient, il ne fallait pas le louper. »

Star du petit écran, issu de la grande bourgeoisie portugaise, avec un père ministre sous la dictature et orateur fameux, Marcelo Rebelo de Sousa a été biberonné au pouvoir et en connaît toutes les arcanes. « C'est un homme de pouvoir, il a quand même été plusieurs fois ministre, président de son parti, c'est un homme d'influence dans les décisions prises, décrit Ana Navarro Pedro. Cela dit, il n'est pas tout à fait consensuel, il peut avoir autant d'opposition que des supporters, même au sein de sa formation politique. Par exemple, la loi sur la procréation médicalement assistée, de par son catholicisme et sa foi, il y était opposé et il a pris très longtemps avant de promulguer la loi, il a envoyé le tribunal constitutionnel, il a retardé la mise en œuvre du projet pendant presque trois ans. »

Sans faire consensus, Marcelo Rebelo de Sousa sait déjà qu’il sera reconduit à sa fonction. Son seul enjeu aujourd’hui : savoir s’il battra le record du président le mieux réélu de l’histoire du pays, celui du socialiste Mario Soarès avec plus de 70% des voix en 1991.

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