Géopolitique, le débat

Éthiopie/Tigré: les dessous d’une guerre à huis-clos

Audio 50:00
Les femmes pleurent les victimes d'un « massacre » attribué aux soldats érythréens dans le village de Dengolat, au nord de Mekele, la capitale du Tigré, le 26 février 2021.
Les femmes pleurent les victimes d'un « massacre » attribué aux soldats érythréens dans le village de Dengolat, au nord de Mekele, la capitale du Tigré, le 26 février 2021. © EDUARDO SOTERAS/AFP

Le 4 novembre 2020, l’armée fédérale éthiopienne lançait une opération militaire au Tigré, région dissidente au nord de l’Éthiopie, frontalière de l’Erythrée. Son objectif : renverser le parti au pouvoir dans la région, le TPLF, le Front de libération du peuple du Tigré, accusé d’avoir attaqué plusieurs de ses bases. Après la prise de la capitale tigréenne Mékélé, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed proclamait, le 28 novembre 2020, la victoire de son armée, «sans pertes civiles».

Publicité

Depuis, les témoignages sur les exactions, pillages, massacres, viols collectifs, crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis au Tigré se multiplient. Human Rights Watch et Amnesty international accusent notamment les forces érythréennes, venues prêter main forte à l’armée fédérale éthiopienne, d’avoir tué  fin novembre 2020 des centaines de civils, y compris des enfants, dans le village de Dengolat  et à Aksoum, haut lieu de l’Église chrétienne orthodoxe... Le 10 mars, les États-Unis ont pour la première fois dénoncé des actes de nettoyage ethnique dans l’ouest du Tigré perpétrés cette fois par les forces venues de la région voisine Amhara... Depuis 4 mois, plus de 60 000 Tigréens ont fui l’enfer de la violence pour se réfugier au Soudan voisin.

Où en est aujourd’hui ce conflit ? Quelles sont les motivations des acteurs locaux et régionaux impliqués ? Comment un Premier ministre lauréat du Prix Nobel de la paix en 2019, Abiy Ahmed, s’est-il transformé en chef de guerre ? Pourquoi l’Union africaine et le Conseil de sécurité de l’ONU sont-ils incapables d’obtenir la fin des violences ? Existe-t-il un risque d’embrasement de la région ?

Trois invités :

René Lefort, chercheur indépendant, spécialiste de la Corne de l’Afrique

Roland Marchal, chercheur au Ceri/Sciences Po

Marc Lavergne, géopolitologue, directeur de recherche émérite au CNRS.

À lire aussi : La vidéo d'un massacre dans le Tigré accable l'armée éthiopienne.

- Éthiopie : le silence de plus en plus assourdissant des autorités sur le Tigré

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail