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Grand reportage

75 ans après: Nuremberg ou la naissance du droit pénal international

Audio 19:30
Les principaux accusés dans le «Procès de Nuremberg des grands criminels de guerre». En arrière-plan, la porte de l'ascenseur par laquelle les accusés sont entrés dans la salle. 1945/1946.
Les principaux accusés dans le «Procès de Nuremberg des grands criminels de guerre». En arrière-plan, la porte de l'ascenseur par laquelle les accusés sont entrés dans la salle. 1945/1946. © National Archives, College Park, MD, USA

Le 20 novembre 1945 s’ouvrait un procès historique contre 24 des principaux dirigeants du régime nazi qui avait capitulé six mois plus tôt. Ils allaient répondre, devant la justice, de leurs actes. Un tournant historique toujours d’actualité avec le Tribunal pénal international pour le Rwanda ou la création de la Cour pénale internationale.

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De notre correspondant à Berlin,

Les quatre Alliés vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis, l’Union soviétique, la Grande-Bretagne et la France créent ensemble un tribunal militaire international qui jugera, selon les règles de l’État de droit, les accusés. Les juges et les procureurs sont issus de ces quatre pays. Les dirigeants nazis sont défendus par des avocats allemands.

Parmi les accusés, on trouve Hermann Göring, l’ancien numéro deux du régime, d’anciens ministres de Hitler, des responsables militaires. Le tribunal adopte les règles de procédure anglo-saxonnes. Les Américains ont joué un rôle central dans l’organisation du procès. Ils ont voulu qu’il se tienne dans leur zone d’occupation. Les 24 accusés se voient ainsi reprocher d’être les auteurs d’une conspiration criminelle, un concept du droit anglo-saxon. Nuremberg innove en revanche avec l’accusation de crimes contre la paix et contre l’humanité. Pour le procureur en chef du procès, l’Américain Robert Jackson, il ne s’agit pas seulement de juger les responsables du régime nazi mais de poser les bases d’un nouvel ordre pénal international.

Depuis 1907, les crimes de guerre figurent dans le droit international. Mais après la Première Guerre mondiale, les tentatives de mener des procès contre des responsables ont été peu fructueux. Dorénavant, cela doit devenir la norme. Il ne doit plus être possible de se retrancher derrière des règles qui valaient au moment des faits et qui, dans une dictature comme le IIIe Reich, justifiaient les pires crimes ; ou bien de se disculper en se présentant comme le simple exécutant d’ordres venus d’en haut. Des principes universels doivent permettre de poursuivre de tels actes.

Le procès principal de Nuremberg s’achève, à l’automne 1946, par des condamnations à mort, des peines de prison et trois acquittements. Parallèlement, un tribunal similaire juge à Tokyo les dirigeants japonais responsables de crimes durant les années précédentes.

Ces procédures vont de pair avec la création de l’ONU qui adopte, en 1948, une déclaration universelle des droits de l’homme. Deux ans plus tard, les principes de Nuremberg sont édictés. Ils doivent constituer le fondement du droit pénal international. Mais la guerre froide ne permet pas, durant plusieurs décennies, à ces principes de s’appliquer. Il faudra attendre les années 1990 avec la création des tribunaux sur les crimes commis dans l’ex-Yougoslavie et au Rwanda pour que l’héritage de Nuremberg retrouve des couleurs. En 2002, la Cour pénale internationale est créée, mais elle est dépendante du bon vouloir des pays signataires de ses statuts et son bilan est mitigé.

 

Marie-Claude Vaillant Couturier rapporte les camps de concentration de Ravensbrück et Auschwitz, 1946.

Gratuit pour publication uniquement avec une note:
Crédit photo: National Archives, College Park, MD, USA
Marie-Claude Vaillant Couturier rapporte les camps de concentration de Ravensbrück et Auschwitz, 1946. Gratuit pour publication uniquement avec une note: Crédit photo: National Archives, College Park, MD, USA Frei zur Veröffentlichung nur mit dem Vermerk:Bildnachweis: National Archives, College Park, MD, USA

 

 

 

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