Expulsés de Del Rio: «L’administration américaine n’a pas de ligne claire»

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Près de 15 000 migrants avaient trouvé refuge sous un pont à la frontière américano-mexicaine, à Del Rio.
Près de 15 000 migrants avaient trouvé refuge sous un pont à la frontière américano-mexicaine, à Del Rio. © ADREES LATIF/REUTERS

L’ONU fait part de son inquiétude et évoque une possible violation du droit international. Au sein même de la majorité démocrate américaine, les critiques fusent. L’administration Biden poursuit les expulsions des milliers de migrants, en grande majorité des Haïtiens, qui s'étaient massés ces derniers jours sous un pont de la ville de Del Rio au Texas.

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Des Haïtiens chassés par des agents à cheval de l’immigration américaine. Les images ont fait scandale, et même la Maison Blanche les a qualifiées « d’horribles ». Il n’empêche que l’administration Biden multiplie les vols d’expulsion vers Haïti. Mardi 21 septembre 2021, pas moins de quatre avions, partis du Texas, ont atterri à Port-au-Prince. Par centaines, les migrants sont renvoyés. De retour en Haïti qu’elle a quitté, il y a plus de 10 ans, une jeune femme a raconté son parcours à Amélie Baron. 

Et c’est parce qu'ils veulent à tout prix ne pas être renvoyés en Haïti, que parmi les milliers de migrants de Del Rio certains ont décidé de rebrousser chemin, de revenir côté mexicain, afin d'éviter l'expulsion par les États-Unis. Notre envoyé spécial Thomas Harms est allé à leur rencontre, à la frontière américano-mexicaine.  

Aux États-Unis, le chef de la majorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, demande au président de mettre fin aux expulsions « ignobles » de migrants haïtiens. Une décision qui va «à l'encontre du sens commun et de la décence», a regretté Chuck Schumer. La majorité démocrate qui ne sait pas comment se sortir de cette situation, selon notre invité Olivier Richomme, maître de conférences en Civilisation américaine à l'Université de Lyon 2. Il nous rappelle que Joe Biden a « maintenu les politiques les plus critiquées de Donald Trump », ce qui a aujourd’hui pour résultat « un message brouillé ; ce qui est très mauvais d’un point de vue électoral en vue des élections de mi-mandat en 2022 ». C’est pour cela explique Olivier Richomme « que beaucoup de démocrates sont très critiques » à l’égard du président américain. 

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