La une de la presse cette semaine à Kinshasa

À la Une: après 20 ans de prison

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Les prisonniers graciés à la prison de Makala à Kinshasa, en RDC, le 8 janvier 2021, lors de la cérémonie où plus de vingt personnes condamnées à mort pour l'assassinat de l'ancien président de la RDC Laurent Kabila, ont reçu un grâce du Président Félix Tshisekedi.
Les prisonniers graciés à la prison de Makala à Kinshasa, en RDC, le 8 janvier 2021, lors de la cérémonie où plus de vingt personnes condamnées à mort pour l'assassinat de l'ancien président de la RDC Laurent Kabila, ont reçu un grâce du Président Félix Tshisekedi. © AFP/Arsène Mpiana

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Ils ont passé près de vingt ans en prison, condamnés dans un procès inachevé pour l'assassinat de Laurent-Désiré Kabila... Eddy Kapend, Leta Mangasa, Nono Lutula et une vingtaine d'autres survivants quittent la prison de Makala. De nombreux journaux annoncent cette nouvelle. Pour le quotidien Le Phare « Cette libération est consécutive à la mesure de grâce présidentielle accordée par le chef de l'État Félix-Antoine Tshisekedi ». Une précision dans le bihebdomadaire Le Maximum : « Le président de la République a usé de son pouvoir discrétionnaire pour accorder la grâce à certains prisonniers... » Et Le Maximum de poursuivre que : « Les ordonnances présidentielles prises à cet effet font référence au texte de la constitution congolaise et ont été justifiées par la nécessité de promouvoir dans le pays un climat d'humanité, de pardon et de justice... »

Bientôt la chasse aux criminels

La République s'est intéressé à l'interpellation en France de l'ancien chef rebelle Roger Lumbala soupçonné, selon le Rapport Mapping du groupe des experts des Nations Unies, de crimes contre l'humanité dans certains territoires du Congo démocratique. « Appréhendé à Paris fin décembre et placé en détention provisoire le 2 janvier à l'issue de sa garde à vue, rapportent les confrères du journal La République, l'ancien seigneur de guerre risque un transfèrement vers La Haye. » Et de préciser : « Les faits reprochés à Roger Lumbala remontent à la deuxième guerre du Congo, soit de 1998 à 2003, et se sont déroulés entre 2001 et 2003. » Le même quotidien affirme que « Roger Lumbala est à l'époque à la tête du Rassemblement congolais pour la Démocratie nationale, un groupe rebelle soutenu par l'Ouganda. »

De son côté, La Prospérité, un autre quotidien, parlant des réformes électorales en RDC, titre : « CENI: de nécessaires garde-fous à l'impossible dépolitisation ! » Se référant à une contribution du Groupe d'Études sur le Congo, le journal affirme que : « La réforme électorale demeure un débat permanent en RDC ». « Depuis 2006, peut-on lire dans les colonnes de La Prospérité, cycle électoral après cycle électoral, les différents scrutins organisés n'ont pas permis de mettre fin à la crise récurrente de légitimité. Ce qui pourtant était l'engagement des acteurs politiques et sociaux à Sun City au début des années 2000, rappelle La Prospérité, près de 20 ans plus tard, le pays se trouve toujours en quête de mécanismes devant garantir des élections crédibles. Certaines voix, surtout au sein des organisations de la société civile, appellent même à une dépolitisation totale de la CENI pour mettre en place un organe de gestion électoral exclusivement citoyen. »

Enfin, le journal Forum des As, s'inquiète de la hauteur du Budget de la session extraordinaire de l'assemblée nationale. « 12 millions de dollars : tollé dans l'opinion ! » s'extasie le quotidien qui cite le rapporteur du Bureau d'âge qui révèle que la dotation mensuelle de la chambre basse a été relevée à cette hauteur depuis le mois de décembre. « Il est vrai qu'en matière de chiffre, tout est relatif, souligne l'éditorialiste de Forum des As, mais dans le contexte RD Congolais où les urgences sociales se toisent constamment sans... solution, 12 millions de dollars américains pour une activité parlementaire devant durer moins d'un mois, ça a de quoi heurter les consciences. Aucun agent de l'État irrégulièrement sous-payé n'applaudit à l'idée d'apprendre le décaissement de 12 millions pour une si courte période en faveur des professionnels du "qui sont pour", "qui sont contre" et "qui s'abstiennent?" » Conclusion, « Astreint depuis des lustres à la distanciation physique avec le billet vert, le congolais lambda en perd son lingala, son swahili, son tshiluba ou encore son kikongo. »

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