Le monde en questions

L'offensive des «loups combattants» chinois

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Lu Shaye, ambassadeur de Chine en France. (Photo d'illustration)
Lu Shaye, ambassadeur de Chine en France. (Photo d'illustration) AFP - MARTIN BUREAU

Les provocations du régime chinois à l’encontre des autres puissances reflètent la nouvelle ligne décomplexée, désormais assumée au grand jour par le président Xi Jinping qui a lancé ses « loups combattants », jeune garde musclée de sa diplomatie à l’assaut du monde. Faut-il y voir les prémices d’une nouvelle mondialisation dominée par Pékin ?

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L’ambassadeur de Chine en France, Lu Shaye, a la peau dure, les crocs acérés et le verbe fort peu diplomatique. Peu après son arrivée à Paris en 2019, il a vite détenu, parmi ses distingués homologues, le record de convocations officielles au ministère français des Affaires étrangères, qui, bien que distant de quelques centaines de mètres à peine de son ambassade n’ont rien à voir avec des visites de courtoisie. Car les sorties outrancières de Lu Shaye – qui a accusé la France de laisser « mourir les personnes âgées dans les Ephad » au plus fort de la pandémie ou traité de « petite frappe » un chercheur français qui défendait Taïwan – irrite au plus haut niveau de l’État. Révélateur d une nouvelle stratégie de conquête chinoise axée sur une attitude décomplexée et agressive qui s’étend de surcroît dans le monde entier.

Lu Shaye, chef de fil des « loups combattants »

Le terme « loup combattant » est inspiré d’un film, qui a fait fureur en Chine, mettant en scène une sorte de « Rambo » chinois qui triomphe systématiquement de méchants Occidentaux. Au-delà de l’anecdote, les diplomates guerriers lancés à l’assaut idéologique du monde font partie d’une génération incarnée par Lu Shaye, qui de Paris à Stockholm, en passant par Londres et Canberra, multiplie les provocations anti-occidentales, une doctrine inspirée par le président Xi Jinping en personne, champion d’une renaissance nationaliste. En résumé : face à un Occident à bout de souffle, l’heure de la globalisation à la chinoise a sonnée.

Le bloc occidental reste-t-il sans réactions, existe-t-il un front contre Pékin ?

Les sanctions européennes liées à la question ouïghoure à l’encontre d’officiels chinois décrétées cette semaine qui font écho à des mesures coercitives canadiennes et américaines sans précédent depuis le massacre de Tiananmen en 1989, témoignent certainement d’une volonté d’en découdre, d’engager le combat diplomatique avec Pékin, laissant entrevoir un front occidental plus ou moins homogène. Mais ces manœuvres restent très symboliques car il n’est question pour personne de Washington à Bruxelles, d’isoler la seconde économie de la planète.

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